Révoltes de la Gen Z : édito n°65
Publié le 20 Novembre 2025
Les révoltes qui secouent différents pays du monde apparaissent comme la seule éclaircie au milieu des décombres. Les grèves et la mobilisation de la jeunesse tranche avec la vieille politique institutionnelle à bout de souffle. La France est devenu ingouvernable. Trois blocs s'affrontent détestés par les deux autres, sans alliance possible.
Le macronisme finissant illustre le rejet à l'égard des politiques néoliberales. Cette mouvance suscite le dégoût de l'ensemble des classes populaires. L'extrême droite propose un aménagement du néoliberalisme qui favorise les Français au détriment des immigrés. Ce post-fascisme peut difficilement gouverner sans se heurter à la jeunesse, aux classes populaires urbaines et aux mouvements sociaux.
La gauche prétend introduire davantage de redistribution de richesses dans un capitalisme mortifère. Cette gauche semble incapable d'affronter un patronat de combat. De plus, ces partis suscitent trop de méfiance pour mobiliser les abstentionnistes. Chaque courant ne suscite l'enthousiasme uniquement par rejet des deux autres forces. Aucune réforme constitutionnelle ne peut empêcher la paralysie.
Le mouvement du 10 septembre a tenté d'ouvrir une brèche. Les manifestations ont surtout mobilisé la jeunesse et la classe d'encadrement. Les réseaux de Gilets jaunes ont regardé avec distance des assemblées qui privilégient la parole et les grands discours idéologiques plutôt que l'action directe. Mais l'indispensable analyse de classe ne suffit pas pour comprendre les limites des mouvements sociaux.
La canalisation des partis et des syndicats apparaît comme un obstacle majeur. Les bureaucraties syndicales se méfient d'un mouvement qui leur échappe. Plutôt que de construire une grève reconductible avec des dates le 9 ou le 11 septembre, l'intersyndicale impose une journée éloignée. La gauche, malgré l'appel incantatoire à la grève générale de Mélenchon, semble incapable de mobiliser la population. Les partis n'ont plus aucun ancrage social. Surtout, la gauche privilégie l'impasse institutionnelle et les illusions légalistes. La demande de destitution du président par LFI illustre cette posture grotesque.
Cependant, le mouvement du 10 septembre est aussi apparu comme un moment de politisation de la jeunesse. Des grèves inédites ont également eclatées dans certaines entreprises. Cependant, le souffle est vite retombé. Le 10 septembre apparaît comme la mobilisation de réseaux activistes, plus que comme une révolte spontanée. De plus, la stratégie du blocage se révèle impuissante. Les milieux militants, souvent cantonnés au secteur public, ne parviennent pas à impulser des grèves capables de bousculer les entreprises capitalistes.
Le blocage parvient difficilement à masquer cette impuissance. Ensuite, les revendications idéologiques priment sur la nécessité de lutter contre la vie chère et les bas revenus. C'est en partant des problèmes concrets de la vie quotidienne que peut se déployer un mouvement d'ampleur, et non par le recyclage des programmes de la vieille gauche.
Une nouvelle vague de révoltes éclate durant cet automne 2025. La Génération Z multiplie les manifestations et les émeutes dans différents pays. Au Népal, la jeunesse attaque un pouvoir maoïste corrompu. Ce mouvement se propage en Indonésie. Un mouvement similaire se manifeste également à Madagascar. Ces pays subissent la misère sociale et l'oppression d'un État autoritaire et corrompu. Le Maroc pointe également les inégalités sociales avec les dépenses sociales pour le sport plutôt que pour la santé.
Ces révoltes épousent les caractéristiques des soulèvements qui rythment le XXIe siècle. Des émeutes attaquent un régime discrédité. Les manifestations de masse dénoncent également la misère et la fragilité des conditions d'existence. Ces mouvements développent des pratiques d'auto-organisation. Aucun chef ou leader ne s'impose. Les partis de gauche et les syndicats sont toujours dépassés par ces nouvelles pratiques de lutte. Ces révoltes, combinés avec des mouvements de grève, ouvrent de véritables perspectives de transformation sociale.
Sommaire numéro 65 :
Révolution et créativité
Mouvements trotskistes
Daniel Bensaïd et les révoltes historiques
Mouvements anarchistes
Anarchisme et lutte des classes
Politisation d'un jeune anarchiste
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