Le trotskisme de Michel Pablo

Publié le 13 Novembre 2025

Le trotskisme de Michel Pablo
Michel Pablo est devenu une figure incontournable du trotskisme. Le pablisme devient même un courant politique qui épouse les nouvelles luttes des années 1968. Le "pablisme" est également devenu une insulte dans la bouche des trotskistes orthodoxe. Le parcours de Pablo s'inscrit dans les différentes révoltes de son temps, de la révolution algérienne au Chili en passant par le Portugal.

 

 

L’héritage politique de Michel Pablo reste pertinent au 21e siècle. Ce dirigeant trotskiste participe à des révolutions à travers le monde : en Grèce, en France, en Algérie, au Chili, en Palestine et au Portugal. Il ne cesse de défendre un socialisme véritablement démocratique. Il milite pour « l’autogestion généralisée ou la démocratie directe ». Pablo considère que ce projet utopique demeure réalisable à l’échelle locale et même planétaire. Son marxisme ouvert et créatif repose sur l’autogestion. Il soutient également les luttes anticolonialistes, féministes et écologistes.

Cet intellectuel cosmopolite reste solidaire de ses camarades face à la répression et à la prison. Néanmoins, son marxisme audacieux et aventureux lui attire des ennemis et des détracteurs. Il ne cesse d’analyser, d’écrire et de militer. Sa grande silhouette distinguée apparaît dans les manifestations et les piquets de grève de Paris ou d’Athènes. Hall Greenland retrace ce parcours dans le livre Michel Pablo ou l’odyssée d’un trotskiste hérétique.

 

Michel Raptis, né dans une famille de classe moyenne, embrasse la cause des opprimés par empathie. Le jeune Pablo est sensible à la lecture de Tolstoï, écrivain pacifiste et libertaire. Ensuite, il rejoint une petite organisation trotskiste dans un contexte de mouvements sociaux dans les universités en Grèce. En 1936, une importante vague de grèves se propage. Cependant, le Parti communiste canalise la révolte vers un gouvernement de Front populaire. Le 4 août 1936, à la veille d’une journée de grève générale, le Premier ministre intérimaire impose une dictature militaire. Il ordonne des arrestations massives de militants de gauche.

Pablo se réfugie en France et participe à la fondation de la 4e Internationale. Léon Trotsky, contrairement à Rosa Luxemburg, refuse de s’appuyer sur le soulèvement spontané de la classe ouvrière. Comme son camarade Lénine, il demeure attaché à la construction d’un parti. Les courants de la social-démocratie et du communisme ont échoué. Une nouvelle Internationale doit donc émerger. Trotsky a connu la révolution russe et la révolution allemande qui ont failli balayer le capitalisme. Il en conserve un indécrottable optimisme. Il pense qu’une révolution va éclater après la guerre mondiale annoncée pour emporter l’URSS et le capitalisme. Le Programme de transition propose un catalogue de revendications qui visent à remettre en cause l’ordre existant. Ce texte tente de se situer entre les revendications immédiates et la perspective révolutionnaire. Pourtant, le trotskisme attire davantage de brillants intellectuels que d’ouvriers.

 

 

The Well‑Dressed Revolutionary. The Odyssey of Michel Pablo

 

 

Débats dans la 4e Internationale

 

Durant l’occupation, les trotskistes combattent à la fois l’antisémitisme des nazis mais aussi le chauvinisme grossier des staliniens français. Pablo s’attache à réunifier les différents groupes trotskistes. Il tente également d’organiser une conférence de délégués de divers pays. Les trotskistes restent marginalisés et isolés. Pablo aspire également à fédérer les différents courants révolutionnaires au-delà de celui de la 4e Internationale. Les trotskistes refusent de rejoindre la Résistance par rejet du nationalisme et par purisme idéologique. Ils se contentent d’appels incantatoires à l’auto-organisation dans les usines et les quartiers. Néanmoins, les staliniens n’hésitent pas à assassiner les quelques trotskistes qu’ils ont identifié au sein de la Résistance.

Pablo considère l’URSS comme un « État ouvrier dégénéré ». Ce régime s’appuie sur la propriété collective des moyens de production. Même si un changement démocratique demeure nécessaire. Mais des courants s’opposent à cette analyse pour considérer l’URSS comme un capitalisme d’État. Cornélius Castoriadis et Claude Lefort quittent la 4e Internationale pour fonder le groupe Socialisme et Barbarie. Natalia Sedova, la veuve de Trotsky, rejoint leurs analyses sur la nature capitaliste de l’URSS.

Pablo ne cesse d’être attentif aux fissures qui traversent le monolithe stalinien. Il observe la Yougoslavie qui s’affranchit de la dépendance à l’URSS et prétend expérimenter une démocratie sociale. Il se penche également sur la guerre de Corée qui s’apparente à une lutte de libération nationale. Les périphéries du bloc de l’Est peuvent devenir un enjeu majeur pour bousculer les impérialismes américain et stalinien. Pablo prédit même une troisième guerre mondiale censée combiner affrontements militaires et insurrections révolutionnaires.

 

En 1950, Pablo est installé à Paris qui s’impose comme une capitale intellectuelle. De nombreux militants trotskistes rallient le Rassemblement démocratique révolutionnaire (RDR) fondé par Jean-Paul Sartre. Ce nouveau parti prétend construire une troisième force entre gaullistes et communistes. Même si Pablo ne dialogue pas avec Jean-Paul Sartre, contrairement à Ernest Mandel qui publie des articles dans la revue Les Temps modernes. Le RDR s’effondre rapidement.

Pablo tente néanmoins de sortir la 4e Internationale de l’isolement. Il s’appuie sur les révolutions anticoloniales pour sortir les trotskistes du défaitisme et de la résignation. Pablo tente, de manière audacieuse, de sortir le mouvement trotskiste du sectarisme, du dogmatisme et de sa composition petite-bourgeoise. Selon lui, il faut s’appuyer sur « le mouvement révolutionnaire des masses » plutôt que sur des groupuscules. Les trotskistes orthodoxes disqualifient cette démarche et continuent de dégainer « le pablisme » comme insulte.

 

Pablo estime que les trotskistes doivent rejoindre les organisations de masse présentes dans chaque pays. Il préconise l’adhésion aux partis et aux syndicats sociaux démocrates, ou communistes en France et en Italie. L’impact des événements peut déboucher vers une radicalisation de la classe ouvrière. Même si cette stratégie d’entrisme peut déboucher également vers l’opportunisme et l’assimilation.

Pour Pablo, les trotskistes doivent être présents dans les secteurs de la classe ouvrière les plus combatifs et les plus radicaux. Mais la section française refuse de rejoindre la CGT, surtout que beaucoup de ses militants sont devenus des cadres de FO. Une scission éclate en 1952. La mort de Staline en 1953 semble faciliter l’entrisme. Pourtant, les quelques trotskistes qui ont rejoint le Parti communiste ou la CGT ont rapidement été exclus. Le trotskisme français s’effondre dans les années 1950.

 

 

    Des Algériens manifestent à Alger, rue Albin-Rozet, dans le quartier de Belcourt, le 11 décembre 1960, aux cris de « Yahia de Gaulle », « Algérie algérienne » et « vive le FLN » en réponse à une manifestation d'Européens opposés à la politique algérienne du général de Gaulle.

 

 

Révolution algérienne

                        

Le 1er novembre 1954 s’amorce la révolution algérienne. Pablo est alors proche de Messali Hadj. La révolte de 1954 est liée à une fraction de son Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD). Ce petit groupe, qui souhaite davantage de démocratie dans le parti, revendique les escarmouches du 1er novembre sous le nom de Front de libération national (FLN). Pablo rallie la 4e Internationale au soutien des rebelles.

Le FLN se méfie des communistes et de la gauche française qui soutiennent la répression coloniale. Les dirigeants du FLN se tournent alors vers les trotskistes. La 4e Internationale apporte une aide inconditionnelle au FLN, sans se préoccuper des débats qui secouent la mouvance anticoloniale. Les trotskistes impriment et diffusent de manière illégale le journal Résistances algériennes. Ils fournissent emplois, logements et planquent aux militants du FLN. Ce soutien inconditionnel perdure malgré la guerre fratricide entre le FLN de le MNA de Messali. Près de 4000 militants sont tués dans cette lutte pour le pouvoir.

En 1956, la révolution hongroise secoue le bloc de l’Est. Les soviets resurgissent. Ces formes d’auto-organisation ne se limitent pas à la gestion des entreprises comme en Yougoslavie. Les conseils ouvriers jouent un véritable rôle politique pour instaurer une démocratie prolétarienne. Cependant, la répression de l’URSS démontre que la nature stalinienne du régime n’a pas évolué après Staline. En 1957, avec le congrès de la 4e Internationale, Pablo insiste sur la révolution anticoloniale comme le moteur de la révolution mondiale.

 

En 1959, l’armée française semble avoir écrasé la résistance algérienne. Pablo décide alors de lancer une usine d’armes au Maroc. Le FLN affaibli se tourne également vers le dirigeant trotskiste pour créer de la fausse monnaie. Cette entreprise doit permettre de financer le FLN et d’affaiblir l’économie française. Mais Pablo est arrêté à Amsterdam, nouveau siège de la 4e Internationale. Les réseaux trotskistes mobilisent les intellectuels, les syndicalistes et les élus de la gauche internationale. Le Manifeste des 121 regroupe des intellectuels français qui se solidarisent des actions illégales pour l’indépendance de l’Algérie.

Cette forte mobilisation permet un jugement relativement clément à l’issue du procès. Pendant ses quinze mois de prison, Pablo multiplie les lectures. Il écrit également de nombreux textes. Il insiste sur la libération des femmes. Il estime que cette lutte doit comprendre l’égalité salariale et l’indépendance économique, mais aussi la libération sexuelle et la contraception. Pablo ne se revendique plus du trotskisme mais du marxisme révolutionnaire. Il estime que les différents courants révolutionnaires doivent agir de manière unitaire. Ensuite, il insiste sur l’importance des révolutions à Cuba et en Algérie.

 

Pablo subit les rivalités qui tiraillent la 4e Internationale à sa sortie de prison. Il décide donc de rejoindre la nouvelle Algérie indépendante. Il rédige le programme de Tripoli avec Mohammed Harbi. Pablo propose une réforme agraire avec des coopératives sur un modèle autogestionnaire. Cependant, ce projet ne remet pas en cause le parti unique. La question démocratique semble ignorée au sein du FLN. Ahmed Ben Bella s’appuie sur l’armée de Houri Boumediene pour prendre le pouvoir. Pablo compare les deux hommes forts du nouveau régime à Lénine. En 1962, il devient le conseiller économique du nouveau président.

L’Algérie autogestionnaire apparaît largement comme un mythe. Malgré les coopératives, les militaires s’emparent rapidement des principales richesses. Néanmoins, Pablo s’attache au rayonnement international du régime. Alger devient « La Mecque des révolutionnaires ». Che Guevara et les mouvements de guérilla de nombreux pays se rencontrent en Algérie. Pablo souhaite même y installer la 4e Internationale. Cependant, le coup d’État de Boumediene instaure une véritable dictature militaire. Pablo doit fuir l’Algérie en 1965. Ses amis Ben Bella et Mohammed Harbi sont emprisonnés. Le parti unique et les syndicats contrôlés par le FLN permettent à Boumediene de réprimer facilement toute forme de contestation.

 

 

       

 

 

Contestations des années 1968

 

Pablo s’éloigne de la 4e Internationale. Il ne se réfère plus au trotskisme considéré comme trop occidental et fossilisé. Il préfère se rattacher à une constellation de révolutionnaires comme Che Guevara. Pablo insiste sur l’importance de la guerre du Vietnam, avec une guérilla qui tient tête à la principale puissance impérialiste. Pablo se rapproche également de la résistance contre la dictature militaire en Grèce, son pays natal. Cependant, la révolte de Mai 68 apparaît comme un véritable tournant politique et intellectuel pour Pablo et son courant révolutionnaire.

Un mouvement étudiant se propage et débouche vers la fermeture d’universités. Des affrontements éclatent devant la Sorbonne durant la « nuit des barricades ». Une grève générale se propage avec une manifestation appelée par les syndicats. Pablo appelle à la jonction des étudiants avec la classe ouvrière pour l’autogestion des écoles, des universités et des entreprises. Les occupations d’usine se multiplient. Les prolétaires expriment des revendications qualitatives pour un changement dans la manière de travailler et dans le fonctionnement de la société. Cependant, la CGT parvient à canaliser la révolte à travers des revendications salariales.

Pablo insiste sur la force du mouvement qui repose sur la généralisation des aspirations autogestionnaires dans de nombreux secteurs de la société. Les trotskistes considèrent que l’échec de Mai 68 semble lié à l’absence d’un parti d’avant-garde. Pablo estime que l’alliance des groupes de gauche peut devenir une direction du mouvement. Pablo insiste sur l’importance de l’unité de la gauche, y compris avec le Parti communiste et certains de ces courants attachés à la démocratie. Ce qui tranche avec les groupuscules gauchistes qui regardent avec dédain la vieille gauche déjà considérée comme moribonde.

 

Pablo reste attentif aux révoltes en URSS avec le Printemps de Prague. Il reste également attaché aux luttes anticoloniales. Il considère la Palestine comme la ligne de front face à l’impérialisme qui doit déclencher une révolution arabe plus large pour balayer toutes dictatures de la région. Il se rapproche du Front démocratique et populaire pour la libération de la Palestine (FDPLP). Cette organisation de lutte armée propose une révolution de la paysannerie et des travailleurs arabes pour construire une fédération démocratique, laïque et socialiste.

Pablo se rend au Chili en 1972. Le nouveau gouvernement et son Unité Populaire incarnent tous les espoirs de la gauche internationale. Pablo s’enthousiasme pour le pouvoir populaire qui s’apparente à la formation spontanée d’organes d’autogestion dans les entreprises et les quartiers. Une dynamique de démocratisation s’amorce. Cependant, le président Allende redoute l’hostilité du patronat et des États-Unis. Il invite même des généraux à rejoindre le gouvernement et canalise les mobilisations sociales. Il nomme Pinochet à la tête de l’armée qui le renverse par un coup d’État.

Durant les années 1970, les potentialités révolutionnaires se concentrent en Europe. Les grèves et les luttes sociales se multiplient en Italie et en Espagne. En France, la lutte des LIP incarne le socialisme autogestionnaire. Cependant, Pablo estime que ces révoltes doivent déboucher vers des processus révolutionnaires de long terme. Selon lui, des victoires électorales doivent permettre de gagner le soutien ou la neutralité des classes moyennes. Ensuite, des organismes autogestionnaires doivent se développer dans tous les domaines et à tous les niveaux. Pablo se rend à Lisbonne en 1974 pour participer à la révolution portugaise. Il se rapproche du MFA et des officiers qui ont lancé un coup d’État pour renverser la dictature de Salazar. Le syndicat Solidarnosc en Pologne s’inscrit également dans la filiation du socialisme autogestionnaire selon Pablo.

 

 

 

Héritage du courant pabliste

 

Les jeunes pablistes, incarnés par Maurice Najman, proposent de rejoindre les partis Verts. Ils semblent attachés à la diversité des mouvements sociaux et considèrent que les organisations écologistes ouvrent un espace alternatif. Au contraire, Pablo estime que les rapports d’exploitation ne doivent pas être minimisés. Il reste attaché au marxisme comme outil d’analyse. Il insiste sur le tiers-monde qui subit la misère et l’oppression. Ensuite, il considère que les syndicats jouent un rôle majeur. Il se tourne également vers les communistes, et l’émergence d’un courant rénovateur. L’évolution des partis Verts semblent confirmer les réticences de Pablo. Les pablistes rejoignent différents groupuscules et participent aux mouvements sociaux, comme les luttes pour le logement. Ils restent attachés à l’autogestion et à la démocratie.

Hall Greenland propose une belle biographie d’une figure incontournable du XXe siècle. Pablo reste un dirigeant trotskiste original, tourné vers les luttes anticoloniales et les nouveaux mouvements sociaux. Le pablisme demeure le courant le plus précieux du trotskisme. Ce marxisme révolutionnaire reste attaché à la démocratie et aux formes autogestionnaires. Il tente également de remettre en cause la forme parti et la posture avant-gardiste des sectes trotskistes. Cette tendance pabliste semble désormais laminée, même si elle semble influencer certains aspects des mouvements sociaux contemporains.

Hall Greenland pointe également certains errements, comme le tiers-mondisme d’ambassade qui le rapproche de dictateurs supposées anti-impérialistes comme Kadhafi ou Karadzic. Pablo semble abandonner son analyse de classe pour observer les clivages qui traversent les sociétés du tiers-monde. L’aventure algérienne semble révélatrice. Certes, il faut saluer le courage et l’engagement de Pablo pour l’indépendance de l’Algérie.

Néanmoins, il conserve une certaine naïveté face aux dirigeants du FLN. Il refuse d’observer la position de la petite bourgeoisie militaire qui prend le pouvoir. Il semble largement subir voire orchestrer la propagande du régime sur « l’Algérie autogestionnaire » et sur « la Mecque des révolutionnaires ». Pourtant, le régime réprime les révoltes sociales et les opposants politiques. Même si Pablo peut s’appuyer sur la lucidité de Mohamed Harbi qui analyse les contradictions de l’Algérie indépendante.

 

Pablo contribue à renouveller la stratégie trotskiste. Sa démarche semble moins centrée sur la construction d’un groupuscule et plus ouverte aux mouvements sociaux. Néanmoins, Pablo demeure englué dans le dogme trotskiste. Il reste attaché au front unique et à l’unité de la gauche. Pour lui, un gouvernement de gauche demeure indispensable. Les mouvements sociaux doivent alors se contenter d’exercer une pression sur le pouvoir de gauche. Les expériences du Chili et du Portugal ont pourtant montré l’impasse de cette stratégie. Même si Pablo ne semble pas amender sa démarche après la débâcle de ces puissants processus révolutionnaires.

Ensuite, Pablo demeure enlisé dans la démarche du programme de transition. Des revendications doivent permettre de relier les intérêts immédiats des exploités avec des perspectives révolutionnaires lointaines. Mais cette posture semble déconnectée des préoccupations quotidiennes des prolétaires et ne propose pas de véritable utopie révolutionnaire. L’autogestion à la sauce pabliste s’inscrit dans cette impasse. Certes, ce concept s’appuie sur de véritables expériences et non sur une idéologie abstraite. Néanmoins, le mythe autogestionnaire à l’échelle de l’usine s’apparente à une auto-exploitation.

Hall Greenland insiste sur la proximité de Pablo avec Daniel Guérin. Pourtant, le communiste libertaire pointe les limites de l’autogestion d’usine. Il insiste surtout sur les pratiques d’auto-organisation qui surgissent dans les révoltes sociales. Ensuite, il préconise une autogestion généralisée qui vise une réorganisation de l’ensemble de la société et non des interstices autogérés au sein du capitalisme. Par ailleurs, Patrick Silberstein pointe le tropisme stalinien d’un Pablo attaché à la CGT. Il ne perçoit pas la recomposition du syndicalisme avec la CFDT autogestionnaire ou la création de l’Union syndicale Solidaires. Son trotskisme stalino-centré l’empêche de percevoir l’émergence de nouvelles pratiques de lutte qui balaye les vieilles avant-gardes décaties.

 

Source : Hall Greenland, Michel Pablo ou l’odyssée d’un trotskiste hérétique, Syllepse, 2025

 

Articles liés :

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Pour aller plus loin :

Alex de Jong, Michel Pablo, une vie de révolutionnaire, publié sur le site Contretemps le 23 avril 2024

Vincent Presumey, Michel Pablo et Elly Diovouniotis, publié sur le site Arguments pour la lutte sociale le 29 décembre 2024

Jean-Guillaume Lanuque et Michael Löwy, PABLO Michel [ RAPTIS Mikhalis, dit PABLO Michel, dit SPEROS, dit GABRIEL, dit PILAR, dit MOLITOR, dit JEROME, dit MARTIN Jean-Paul, dit MURAT, dit MIKE, dit ABDELKRIM, dit VALLIN], publié sur le site du Maitron le 5 octobre 2010

Dimitris Konstantakopoulos, Michel Pablo et l’expérience soviétique, publié sur le site Utopie critique

Articles de Michel Pablo publiés sur l'Archive Internet des Marxistes

Articles de Michel Pablo publiés sur Le site de Nedjib Sidi Moussa

Robert Paris, Qu’est-ce que le pablisme, une des dérives du mouvement pseudo-trotskiste

Publié dans #Histoire des luttes

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J
Super intéressant, merci! Juste: il est né à Alexandrie, الإسكندريةpas en Grèce... Et avez-vous la certitude que c'est en 1962 qu'il est allé au Chili? Car l'Unidad Popular débute en 1970...
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