Syndicalisme et pouvoir politique

Publié le 22 Juin 2022

Syndicalisme et pouvoir politique
Le retour de la gauche réformiste en France menace l'indépendance des mouvements sociaux. Néanmoins, des syndicalistes insistent sur l'importance de construire de véritable contre-pouvoirs en dehors des partis politiques. Les luttes sociales peuvent également porter le projet d'une société alternative.

 

Le rapport des mouvements sociaux au pouvoir politique reste un sujet toujours d’actualité. Le renouveau de la gauche radicale en France actualise cet enjeu. Après ce contexte électoral, les débats qui traversent le mouvement ouvrier sont relancés. Un courant insiste sur l’indépendance et sur l’autonomie. Un autre considère le syndicalisme comme la « courroie de transmission » du parti politique. La recherche d’un débouché politique pour les luttes polarise les débats entre celles et ceux qui veulent changer la société.

Un éclairage historique apporte des pistes de réflexion. En 1906, la Charte d’Amiens affirme l’autonomie du mouvement ouvrier par rapport aux partis politiques. Inversement, l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981 semble féodaliser les syndicats. Le regard sur des expériences dans différents pays apporte également des éléments de réflexion. La revue Les Utopiques rassemble les analyses de différents militants syndicaux dans le numéro « Pouvoirs, politique, mouvement social ».

 

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Actualité de la Charte d’Amiens

 

Thierry Renard revient sur la Charte d’Amiens. Ce texte de la CGT de 1906 insiste sur l’indépendance à l’égard des partis politiques. Mais il porte également la perspective d’une autonomie de classe. Les exploités doivent s’organiser pour développer un projet émancipateur. « L’indépendance n’a en effet aucun sens, si l’organisation prétendument indépendante n’a pas sa propre vision, ses orientations stratégiques propres », souligne Thierry Renard. Le syndicalisme révolutionnaire refuse la séparation entre le politique et l’économique.

Au contraire, le léninisme et la social-démocratie imposent des champs de compétences séparés entre partis et syndicats. Mais les syndicats actuels élaborent peu de perspectives stratégiques pour transformer la société. Tandis que les partis de gauche ne remettent pas en cause le capitalisme. La Charte d’Amiens apparaît comme un compromis entre différents courants de la CGT. Elle tient à se démarquer de la mouvance de Jules Guesdes qui propose la subordination du syndicat aux objectifs du parti. La Charte d’Amiens relie la stratégie de la grève générale et un projet de société nouvelle avec des revendications immédiates au quotidien.

Force ouvrière et la CGT estiment que le syndicat ne doit pas exprimer un projet de société pour ne pas diviser ses adhérents. Les syndicats Solidaires semblent englués dans les actions immédiates et ne développent pas une réflexion collective sur un projet de société. Même si SUD-PTT s’inscrit dans la filiation du socialisme autogestionnaire de la CFDT des années 1968. « Avoir des éléments d’un projet de transformation sociale permet d’avoir une compréhension du monde et de ce qu’il faut changer et pèse directement sur le contenu et la forme des luttes sociales », estime Thierry Renard. En 1973, la lutte des LIP reste orientée par la perspective autogestionnaire portée par la CFDT.

 

Les mouvements sociaux apparaissent comme des contre-pouvoirs qui portent des questions nouvelles et contribuent à faire bouger la société. Les luttes sociales construisent des rapports de force face aux institutions. « De fait, ces contre-pouvoirs ne laissent pas intact le pouvoir dès lors qu’ils participent à modifier en profondeur la société et qu’ils s’attaquent à la délégation de pouvoir et aux institutions illégitimes », analyse Thierry Renard. Ensuite, les pratiques d’auto-organisation remettent en cause les logiques de représentation et de délégation. Ces pratiques portent en elles-mêmes le projet de maîtriser sa vie.

Les mouvements sociaux se composent désormais d’une diversité d’organisations. Les partis et les syndicats doivent abandonner la prétention à l’hégémonie sur la classe ouvrière considérée comme un bloc homogène. Il semble important d’assumer la pluralité et le débat. Les partis se présentent comme des débouchés politiques des luttes, mais sans proposer de véritable perspective de transformation sociale. « Le débouché politique aux luttes, c’est d’abord la victoire des luttes elles-mêmes et la politisation du mouvement social », souligne Thierry Renard. Les luttes sociales et leurs pratiques portent des perspectives politiques.

 

    Défilé du 1er-Mai lors de la Journée internationale des travailleurs, à Paris, le 1er mai 2021.

 

Autonomie des mouvements sociaux

 

Verveine Angeli, militante à SUD-PTT, rappelle les risques d’une proximité des mouvements sociaux avec les partis politiques. L’arrivée de la gauche au pouvoir débouche vers une démobilisation des syndicats, comme en France avec le Parti socialiste http://www.zones-subversives.com/la-gauche-au-pouvoir-au-service-du-capital de Mitterrand. Plus récemment, l’arrivée au pouvoir de la gauche radicale en Grèce a permis d’écraser de puissants mouvements de grèves et d’occupations. « Misant tout sur la victoire de Syriza, le mouvement syndical progressiste, historiquement lié dans ses différentes fractions aux partis politiques, s’est mis de plus en plus en retrait et fur et à mesure du rapprochement des échéances électorales », décrit Verveine Angeli.

Par ailleurs, les mouvements sociaux peuvent également porter leur propre projet politique, avec la perspective d’une réorganisation de l’ensemble de la société à partir de structures qui se construisent dans les luttes. « Cette émancipation, c’est aussi pouvoir gérer la production, envisager d’autogérer la société de demain sans remettre à un État - fût-il progressiste - ce rôle là », souligne Verveine Angeli. Ensuite, le syndicalisme ne doit pas se réduire aux enjeux économiques. Le monde du travail reste traversé par différentes oppressions. Le féminisme, l’antiracisme et l’écologie deviennent des enjeux majeurs pour les syndicats.

Néanmoins, les alliances dans les luttes ne sont pas toujours évidentes. Les mouvements de révolte, comme les Gilets jaunes, développent des pratiques d’auto-organisation et d’action directe. Mais les syndicats et les partis apparaissent trop comme des structures rigides, verticales et hiérarchisées. Ces formes d’organisation sont devenues archaïques et les syndicats semblent avoir du mal à s’inspirer des nouvelles formes de lutte.

 

Christian Mahieux, militant à SUD-Rail, revient sur la fétichisation consensuelle de la Charte d’Amiens. Tous les syndicats se réclament de ce texte, sans en saisir sa véritable portée. La Charte d’Amiens ne propose pas un syndicalisme neutre, consensuel et dépolitisé. Le syndicalisme révolutionnaire reste indépendant des partis, mais propose également des perspectives politiques. Cette démarche articule les luttes pour des revendications immédiates avec une perspective de transformation radicale de la société.

Les partis comme la France insoumise veulent remettre en cause la Charte d’Amiens et l’autonomie du mouvement ouvrier. Aurélie Trouvé prêche pour des convergences entre partis, syndicats et associations. Ce qui nie la nécessité d’une organisation sur une base de classe pour se fondre dans un confusionnisme citoyenniste et interclassiste. « Mais les travailleurs et les travailleuses doivent s’organiser sur une base autonome, en tant que classe sociale, et ne pas s’en remettre à des personnalités politiques extérieures à elles et eux, à leur classe sociale », souligne Christian Mahieux. Le syndicalisme ne doit pas se soumettre à des politiciens déconnectés du quotidien des exploités et qui ignorent la subordination sur le lieu de travail.

 

 

CFDT et Parti socialiste en 1974

 

Théo Roumier, militant à SUD Education, revient sur la CFDT et les Assises du socialisme de 1974. Dans le contexte de la contestation des années 1968, la CFDT se réclame du socialisme autogestionnaire avant de dériver vers un accompagnement du capitalisme néolibéral. Ce syndicat regroupe des pratiques et des cultures militantes particulièrement hétérogènes. Mais les Assises du socialisme de 1974 apparaissent comme un véritable moment de bascule. La direction de la CFDT se questionne sur ses relations avec le Parti socialiste (PS).

Durant les années 1970, la CFDT anime de nombreuses luttes emblématiques, comme la grève du Joint français à Saint-Brieuc, de Penarroya à Lyon ou de Lip à Besançon. La CFDT s’appuie sur des pratiques d’action directe et d’auto-organisation. En 1974, une vague de grèves dans le secteur bancaire agite l’actualité sociale. Ces luttes semblent ouvrir de nouvelles perspectives. Mais, toujours en 1974, François Mitterrand atteint 49% au second tour de l’élection présidentielle. La conquête du pouvoir par la gauche devient un enjeu immédiat.

 

La CFDT s’accorde sur le projet du socialisme autogestionnaire, mais n’a pas tranché sur les moyens d’y arriver. La gauche de la CFDT comprend surtout des syndicalistes radicalisés par Mai 68. Ce courant comprend des militants d’extrême-gauche, des chrétiens autogestionnaires et des proches du Parti socialiste unifié (PSU). Les grèves et les luttes sont au cœur de sa stratégie syndicale. En revanche la direction de la CFDT, incarnée par Edmond Maire, privilégie une transition vers le socialisme plus progressive et institutionnel. La CFDT entend influencer le PS et le programme commun qui repose sur des solutions étatistes préconisées par le PC et la CGT. La CFDT tente de construire une démarche autogestionnaire large. Pour la direction du syndicat, ce projet doit s’appuyer sur le PS.

« Vivre demain dans nos luttes d’aujourd’hui » reste le slogan de la CFDT. Le syndicat se tient à distance du programme commun qui respire le centralisme autoritaire et la bureaucratie. De plus, le PS apparaît comme un parti de notables, éloigné des grèves et des usines. Cependant, la direction de la CFDT décide de soutenir la candidature Mitterrand en 1974. Le PS aspire à se renforcer à travers le ralliement de militants ouvriers et autogestionnaires. Des dirigeants de la CFDT collaborent à cette démarche à travers une tribune dans Le Monde. Pourtant, une majorité de structures locales du syndicat dénonce une atteinte à l’autonomie de la CFDT. De plus, les tractations politiciennes avec les socialistes semblent primer sur la construction du syndicat.

 

    A Rio, des milliers de personnes ont manifesté le 29 mai 2021 à l’appel des partis de gauche, aux cris de « Bolsonaro dehors ! »

 

Syndicalisme dans le monde

 

Étienne David-Bellemare se penche sur le syndicalisme au Brésil. La Centrale unique des travailleurs (CUT) devient le principal syndicat dans les années 1980. Elle affirme son indépendance à l’égard d’un État qui s’appuie sur le corporatisme. La CUT reste influencée par une idéologie social-démocrate. Même si elle comprend également des courants d’extrême-gauche comme les trotskistes ou la théologie de la Libération. La CUT soutient la campagne du Parti des travailleurs (PT) à partir de 1989. Le candidat Lula est d’ailleurs un ancien syndicaliste de la CUT. Dans ce contexte de succès électoraux et de montée du chômage, la CUT passe d’un syndicalisme d’opposition à un syndicalisme de proposition. La négociation prime sur la conflictualité sociale. Le PT abandonne son discours sur la lutte des classes pour se présenter comme un parti politique responsable et capable de gouverner.

En 2002, Lula accède aux sommets de l'État. Mais il mène une politique néolibérale, avec des mesures d’austérité comme la réforme des retraites. La CUT semble divisée même si ses dirigeants sont des proches du président Lula. Plusieurs syndicats décident alors de créer la Coordination nationale des luttes (Contulas). Mais l’arrivée au pouvoir du PT révèle également l’évolution des mouvements sociaux qui passent d’une perspective de rupture radicale vers une approche plus modérée qui propose une transformation plus progressive de la société brésilienne. La CUT, qui se développe dans les années 1980 pour affirmer l’autonomie du syndicalisme, sombre dans le modèle corporatiste dont elle prétendait se distinguer à ses débuts.

 

Alexandra Bradbury, rédactrice en chef de Labor Notes, revient sur la vague de contestation aux Etats-Unis en 2021. Des grèves emblématiques éclatent dans diverses entreprises de différents secteurs. Les salaires de misère et la surcharge de travail sont ciblés. Ensuite, un mouvement contre les violences policières se développe en marge des syndicats. Des grèves sauvages éclatent, comme dans le secteur de la santé mentale. Même si le syndicalisme reste encadré par d’importantes limites légales sur le moment et la manière de faire grève. Des sanctions sévères sont prévues en cas d’infraction.

Ensuite, la fragmentation et la résignation du salariat reste un obstacle majeur. « Sans parler de tous les autres éléments qui nous bloquent, comme la peur, la division, la confusion et le désespoir », observe Alexandra Bradbury. Néanmoins, ce renouveau des pratiques de grève peut se développer davantage. Les victoires arrachées par l’action collective peuvent en amener d’autres et créer un effet d’entraînement.

 

 

 

Grève dans le nettoyage

 

La section SUD Education Sorbonne Université revient sur la grève du nettoyage à Jussieu. Dans cette université parisienne, les 130 agents de nettoyage n’ont pas le statut de fonctionnaires, mais subissent le régime de la sous-traitance. L’entreprise Arc-en-ciel, qui remporte l’appel d’offre en février 2021, ne respecte pas les garanties minimales du droit du travail. Les heures supplémentaires ne sont pas payées et l’entreprise a fait signer aux femmes de ménage des CDD antidatés plutôt que des CDI pour pouvoir les licencier facilement. Ensuite, l’entreprise impose un fractionnement de la journée de travail. Les salariées cessent le travail le 4 septembre et réclament des négociations. La grève est préparée et animée par les syndicats CGT du campus, et soutenue par des syndicats de personnels et d’étudiants.

Le piquet de grève se rassemble chaque jour à 6h du matin, l’heure à laquelle les salariées commencent habituellement le travail. La poursuite de la grève est mise au vote. Le piquet s’installe à l’entrée du campus à 8h avec banderoles, tracts, pancartes, drapeaux, mégaphones, complétés par des outils de percussion. Une déambulation sonore se lance sur le parvis pour rendre la grève visible par les étudiants, les personnels et la clique présidentielle qui dirige l’université. Les grévistes rentrent dans les amphis pour interrompre les cours et expliquer les raisons de la lutte. Un rassemblement de soutien réunit 200 personnes, avec des militants syndicaux et des responsables politiques. Ce qui donne une visibilité médiatique au-delà de l’université.

 

La direction de l’entreprise envoie des délégués du personnel s’immiscer dans les négociations et attiser les tensions dans les assemblées de grévistes. Ils conseillent aux grévistes d’abandonner leurs revendications et d’accepter les propositions de la direction. L’entreprise repousse les négociations pour tenter d’épuiser la grève. Mais, après 8 jours de lutte, les grévistes parviennent à arracher la satisfaction de leurs revendications. La caisse de grève leur permet même de ne pas perdre de salaire suite à leur action.

Néanmoins, la CGT des profs de l’université insiste pour agir seule et pour garder le contrôle du mouvement. Les autres personnes doivent se cantonner à un simple soutien logistique. L’absence de structures claires comme un comité de grève et un comité de soutien fragile la lutte. Les syndicats de la direction peuvent facilement perturber les réunions et monopoliser l’attention. Ensuite, la CGT ne favorise pas les pratiques d’auto-organisation des grévistes avec des mandats et la désignation des membres de la délégation. Ce contrôle de la CGT ne permet pas de créer des liens de solidarité durables entre les femmes de ménage. Par ailleurs, la lutte s’est achevée avec la satisfaction de revendications défensives plutôt que de poursuivre le mouvement pour arracher des augmentations de salaires.

 

    Des manifestants à Paris lors du défilé du 10 décembre

 

Limites du syndicalisme

 

La revue Les Utopiques propose une réflexion à partir du syndicalisme. Les contributions proviennent de militants et non pas d’universitaires au discours déconnecté des mouvements sociaux. Ce qui montre également que la réflexion intellectuelle peut émerger depuis les luttes sociales. Surtout, la revue Les Utopiques ouvre un espace d’analyse critique qui sort de l’urgence du militantisme quotidien pour penser les enjeux du syndicalisme. La réflexivité et le retour critique à partir des expériences militantes semble indispensable pour ouvrir des perspectives nouvelles.

La revue Les Utopiques assume une tonalité libertaire. Plusieurs syndicalistes et militants de l’Union communiste libertaire (UCL) proposent des contributions pertinentes. Des articles insistent sur les limites de la gauche au pouvoir. Les syndicats et les mouvements sociaux se retrouvent dans l’attentisme voir la subordination à l’égard du gouvernement. Au contraire, ce sont les luttes sociales qui peuvent permettre de transformer la société. Le syndicalisme apparaît alors comme un indispensable contre-pouvoir face aux politiques néolibérales menées par les gouvernements de droite et de gauche.

Néanmoins, la revue Les Utopiques laisse également transparaître la diversité de l’Union syndicale Solidaires. Si son courant libertaire reste bien représenté, le point de vue étatiste s’exprime également. Gérard Gourguechon insiste même sur le rôle des douaniers contre la fuite des capitaux. Romain Casta tente de refourguer une version du salaire à vie portée par Bernard Friot. Alors que la Charte d’Amiens propose l’abolition du salariat, la secte friotiste qui tente de noyauter Solidaires propose au contraire de sacraliser le salariat. Sans interroger les rapports hiérarchiques, les liens de subordination et l’exploitation qui traversent le monde du travail.

 

Une autre tendance fâcheuse de Solidaires est également présente. Cette union syndicale regroupe une majorité de cadres de la fonction publique qui défendent les intérêts de la classe moyenne. La confusion altermondialiste prime sur la critique du capitalisme d'un point de vue de classe. Solidaires permet un syndicalisme « hors les murs » qui se lie à la diversité des mouvements sociaux. Néanmoins, le risque consiste à s’orienter vers des cartels de sectes idéologiques plutôt que vers la construction de rapports de force pour améliorer le quotidien des salariés. Le groupuscule « Plus jamais ça » incarne cette dérive folklorique portée par les cadres de Solidaires proche d’ATTAC et de la France insoumise. Au contraire, c'est à partir de luttes concrètes et des problèmes du quotidien que peuvent se construire des mouvements sociaux. Bien plus qu’à partir du recyclage des programmes et catalogues de revendications de l’extrême-gauche. Même si la contribution de Christian Mahieux apporte quelques clarifications bienvenues.

Ivan Jurkovic, militant à SUD-Education et membre du collectif Smolny, apporte un indispensable regard critique sur les limites du syndicalisme. Cet outil peut impulser des luttes locales qui permettent une indispensable amélioration des conditions de travail. Néanmoins, le syndicalisme se réduit à une défense des salariés dans le cadre du capitalisme. Pour Karl Marx, les luttes syndicales peuvent même se limiter à rendre l’exploitation capitaliste plus supportable. Si la Charte d’Amiens porte l'horizon de l’abolition du salariat, cette perspective semble éloignée du militantisme au quotidien. Seuls des soulèvements sociaux permettent de porter une perspective révolutionnaire. Par ailleurs, les mouvements sociaux traditionnels se contentent de vouloir faire pression sur le gouvernement et le patronat. Mais ils n’envisagent pas de les éradiquer pour inventer une société sans classe, sans État et sans hiérarchie.

 

Source : Revue Les Utopiques N° 19, « Pouvoirs, politique, mouvement social », Syllepse, 2022

Extrait publié sur Le Club de Mediapart

 

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Pour aller plus loin :

Vidéo : Pablo Pillaud-Vivien, Théo Roumier : « Il faut que décembre soit le plus chaud possible avec le plus de grèves reconductibles »,  mis en ligne sur le site de la revue Regards le 24 octobre 2019

Vidéo : Stéphane Ortega, Pour gagner : « reconduction, auto-organisation, généralisation » de la grève, mis en ligne sur le site Rapports de force le 8 décembre 2019

Vidéo : On fait quoi maintenant ? Pour une nouvelle force politique, mis en ligne sur le site Rejoignons-nous le 2 mai 2022

Vidéo : 1 an après, sortir de l’impasse - Introduction par Verveine Angeli, publié sur le site d'ATTAC le 10 mai 2013

Vidéo : Verveine Angeli, Union Syndicale Solidaires, diffusée sur TV Bruits le 25 août 2017

Vidéo : Verveine Angeli, Meeting Retraite Rouen, diffusée le 3 octobre 2013

Vidéo : RATP : l'action coup de poing des grévistes, diffusée sur BFM TV le 23 décembre 2019

Vidéo : 1er mai: les syndicats éclipsés ?, diffusée sur BFMTV le 1er mai 2021

Vidéo : Christian Mahieux : syndicaliste ou christ chez Thierry Ardisson, émission diffusée sur Canal + le 26 septembre 2009

 

Thème Syndicalisme sur le site de la revue Les Utopiques

Fabien Delmotte, Redonner d’autres perspectives au syndicalisme : échanges autour de la revue Les Utopiques, publié sur le site Autre Futur le 19 janvier 2018

Table ronde syndicaliste 5/5 : Quel devrait être le rôle politique du syndicalisme aujourd’hui ?, publié sur le site de l'Union communiste libertaire le 3 avril 2008

Historiens et syndicalistes débattent de la Charte d’Amiens, publié sur le site de l'Union communiste libertaire le 5 juillet 2006

Jean-Claude Mamet, Actualiser la charte d’Amiens, publié sur le site de L'École Émancipée le 10 novembre 2018

Un appel de militants associatifs, syndicalistes, intellectuels, citoyens... Pour l'autonomie du mouvement social, tribune publiée dans le journal Libération le 3 août 1998

Théo Roumier, Syndicalisme : un outil collectif pour construire l’émancipation, publié sur le site de la revue Contretemps le 3 octobre 2018

Théo Roumier : « On a les moyens de défaire Macron », publié sur le site de la revue Ballast le 21 mai 2018

Réinterroger la Charte d’Amiens : et pourquoi pas ?, publié sur Le Club de Mediapart le 22 juillet 2017

Théo Roumier, 20 mai 1974 : quel jour d’après ?, publié sur le site Association Autogestion le 15 février 2022

Théo Roumier, Leçons d’un candidat des luttes Enquête sur l’éphémère candidature de Charles Piaget à la présidentielle de 1974, publié dans la Revue du Crieur N° 20 en 2022

Articles de Théo Roumier publiés sur le site de la revue Les Utopiques

Articles de Théo Roumier publiés dans Le Club de Mediapart

 

Bénédicte Gilles, Verveine Angeli : « Il y a une mesure simple à laquelle il faudrait réfléchir : donner automatiquement 20 % de retraite de plus aux femmes », publié sur le site de 50-50 Magazine le 3 décembre 2019

Stéphane Ortega, 17 novembre : pourquoi les syndicats traînent-ils des pieds, alors que les politiques courent après ?, publié sur le site Rapports de force le 13 novembre 2018

Verveine Angéli : « La loi Travail s’inscrit dans un cadre de remise en cause de la protection sociale », publié sur le site Reporterre le 31 août 2017

Articles de Verveine Angéli publiés sur le site de la revue Les Utopiques

Étienne David-Bellemare, Le syndicalisme brésilien, la CUT et le gouvernement Lula : bilan d’une dynamique de confrontation, d’opposition et de conciliation, publié sur le site de l'Observatoire des Amériques le 14 septembre 2012

Guillaume Davranche, MAHIEUX Christian [Dictionnaire des anarchistes], publié sur le site du Maitron le le 23 avril 2014

Articles de Christian Mahieux publiés sur le site Cerises la coopérative

Articles de Christian Mahieux publiés sur le site Presse toi à gauche !

Articles de Christian Mahieux publiés sur le site de la revue Les Utopiques

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