Réinventer l’amour pour passionner la vie

Publié le 19 Avril 2013

Réinventer l’amour pour passionner la vie

Yann Kerninon propose une réflexion sur la libération amoureuse et sexuelle dans une société qui repose sur l’ordre moral et la misère affective.


L’amour apparaît comme l’expérience fondamentale qui bouleverse le quotidien. Mais le petit couple étriqué et la propriété sexuelle fondent toujours l’idéal amoureux. Yann Kerninon, dans un livre récent, propose de réinventer l’amour. Il élabore une véritable réflexion philosophique qui pose davantage de questions qu’elle n’assène de certitudes.

 

           
             Vers une libération amoureuse - Ce soir ou... par yannkerninon

 

L’incertitude et l’aventure du quotidien

 

Pour Yann Kerninon, l’amour peut être comparé au funambulisme. Il ne faut pas cesser d’avancer et de regarder devant soi, tout en gardant l’équilibre. Sa réflexion sur l’amour ne tente pas d’élaborer une théorie. L’amour renvoie davantage aux émotions, aux affects, aux désirs plutôt qu’à une froide rationalité. L’amour se vit et s’expérimente, plus qu’il ne se théorise. « En amour comme en danse sur fil, on ne peut guère espérer plus : savoir que ce ne sera pas facile, qu’il n’y a aucune recette ni aucun modèle déterminé, en prendre bien conscience, l’assumer, faire le deuil de tout espoir de solution facile, idéale, transparente », souligne Yann Kerninon. L’échec, le doute, les chutes font également parties de l’expérience amoureuse. Pourtant, il faut toujours « tenter de vivre la vie, autant que possible, dans toute la plénitude de son intensité », précise Yann Kerninon. 
L’amour est une surprise. Ce bouleversement inattendu ébranle la stabilité du couple, du travail, de la vie raisonnable. L’amoureux se met en danger. « On voudrait qu’il descende de son fil, qu’il remette ses désirs dans un cadre social présentable - par exemple en retournant bosser », ironise Yann Kerninon. L’amour, toujours imprévisible, est une rencontre avec l’autre, avec l’inconnu. Tout ce qui est prévisible n’est pas amour. L’amoureux accepte le danger tout en étant guidé par la vie. 


Mais l’amour n’est pas une simple affaire de réflexion intellectuelle. Cette aventure engage aussi le corps, les désirs sexuels, la jouissance. L’amour relie le corps, l’esprit, le monde. 
La société moderne apparaît comme une Éponge Connerie Planétaire (EPC) qui ignore les sensations et les émotions. « Il ne se passe plus rien. Et nous ne parlons pas de choses extraordinaires… Il ne se passe plus rien, au sens le plus banal du terme. La gestion de la vie est devenue la vie même », observe Yann Kerninon. Dans ce désert existentiel, la séparation entre les individus triomphe. La rencontre devient un évènement rare. Pourtant, l’amour permet de bouleverser ce quotidien monotone. « L’amour nous rend le monde et nous renvoie à ce qu’il y a en nous de plus puissant, et aussi de plus déconcertant. Il pulvérise tous les codes en vigueur et les accords tacites ou explicites passés avec la loi. L’amour surgit sur scène, et tous les artifices volent en éclat ! », décrit Yann Kerninon. L’amour, comme l’érotisme et le plaisir sexuel, brise toutes les normes et les contraintes sociales. Les cadres normés, encadrés et sécurisés sont des tentatives vaines. La pornographie, le mariage bourgeois, la prostitution, le club échangiste et la morale sexuelle semblent aussi rassurants que vides. Avec l’amour, « le vivant rencontre le vivant », selon la formule de 
Guy Debord. L’amour apparaît comme l’expérience qui rend la vie passionnante. 
L’amour apparaît comme une aventure difficile, contre la docilité, la facilité et la médiocrité qui fondent l’ordre social. L’amour devient alors un projet révolutionnaire. 
« Il n’existe aucune machinerie moins performante que celle qui semble aujourd’hui régir les désirs et l’amour », observe Yann Kerninon. Dans le monde de la performance et de la rentabilité, l’amour se caractérise toujours par ses échecs. Des regards croisés ne débouchent sur aucune rencontre, des amours potentiels ne parviennent pas à éclore, la frustration des désirs prédomine. Les conventions sociales et les impossibilités matérielles expliquent ce gâchis. 

 

 

 

                         Affiche, Les réserves imposées au plaisir excite le plaisir de vivre sans réserve

 

Le bouleversement du quotidien et la révolution amoureuse

 

L’utopie d’un nouveau monde amoureux peut s’imaginer. L’amour ne serait plus possession, appropriation et jalousie. Les rencontres pourraient se multiplier. « Les jeunes couples d’amoureux s’offriraient généralement le luxe d’une ou deux années de fidélité monogame, puis, dès qu’ils s’en lasseraient, de nouvelles relations amoureuses viendraient, non pas détruire, mais enrichir leur relation originelle et la complexifier, c’est-à-dire la nourrir et la rendre plus humaine », ose rêver Yann Kerninon. Mais il ne semble pas réellement convaincu par cette anarchie amoureuse. Les penseurs libertaires, comme Wilhelm Reich ou Charles Fourier, ont tenté de réinventer l’amour. Ses révolutionnaires proposent une libération amoureuse qui passe par la destruction de l’ordre social actuel. Mais Yann Kerninon propose une réflexion différente. Il tente de penser l’amour ici et maintenant, et non dans une utopie lointaine qu’il partage par ailleurs. « Nous tentons de définir une pratique, quelque chose qui soit possible au sein de l’impossible généralisé. Quelque chose, donc, de très compliqué, compliqué comme l’amour ou le funambulisme. Mais quelque chose de vrai », précise Yann Kerninon.

Pourtant, les anarchistes individualistes ont expérimenté la liberté amoureuse. Des communautés s’attachent à satisfaire les désirs sexuels, érotiques, amoureux de ses membres. Mais ses associations ne parviennent à réunir qu’une trentaine de membres. En 1926, l’anarchiste Émile Armand fonde même une « Association internationale de combat contre la jalousie sexuelle et l’exclusivisme en amour ». Ses tentatives sont des échecs. Mais les anarchistes historiques semblaient alors bien plus audacieux que ceux d’aujourd’hui. Pourtant ses utopies libertaires commettent l’erreur de tenter de planifier et de rationaliser l’amour, qui relève des émotions et des sentiments et non pas du calcul. Ses utopies se conforment à la civilisation moderne. Fourier semble même proposer un amour mécanique et planifié qui enlève le charme de l’incertitude. Pourtant dans l’horreur de la civilisation marchande et de la misère affective, la révolution sexuelle reste un horizon pour lequel il semble indispensable de lutter, contrairement à ce qu’affirme l’auteur désabusé. 


« Malgré son lot comique de maladresses, de malentendus et de folklore  « alternatif », l’esprit des idéaux de libération sexuelle des années 68 était bien politique. Il s’agissait de faire une révolution, c’est-à-dire de changer l’ordre des choses », rappelle Yann Kerninon. Même le slogan naïf « Faites l’amour pas la guerre » dessine un autre projet de société. Ce slogan dénonce la violence et la brutalité des rapports humains pour proposer des relations plus harmonieuses fondées sur la rencontre, sur l’échange amoureux et érotique. « C’est en vidant la révolution sexuelle de son contenu politique, spirituel et amoureux que nous en avons fait une nouvelle misère humaine », souligne Yann Kerninon. La libération sexuelle doit permettre de réinventer l’amour et l’érotisme. 
Le divorce et l’échangisme reposent sur le modèle du couple et de la propriété sexuelle. Pour échanger, il faut avoir une femme à posséder. 
« Nous tenons - mordicus - à la fidélité, à la monogamie, à l’exclusivité, à la possession de l’autre, à l’éternité, l’immuabilité et la sécurité de la situation », observe Yann Kerninon. Ces principes ignobles visent à simplifier les rapports humains. Mais ils reposent surtout sur l’hypocrisie. Au contraire, la complexité de la vie et des relations humaines doit être assumée. « Accepter l’errance, l’incertitude, l’infinie complexité des désirs et de l’amour, c’est accepter l’option d’une ouverture à l’ouvert sans cesse à rejouer, toujours jamais acquise », propose Yann Kerninon. De nouvelles relations amoureuses et sexuelles peuvent alors s’expérimenter. 

 

           

 

Le désert existentiel de la civilisation marchande

 

Gilles Deleuze et Félix Guattari inventent le concept de Connerie qui s’apparente à un flux majeur du capitalisme moderne. « C’est au niveau de l’Etat et de l’armée que se conjuguent les secteurs les plus progressifs de la connaissance scientifique ou technologique, et les archaïsmes débiles les mieux chargés des fonctions actuelles », décrivent Deleuze et Guattari. La Connerie apparaît comme le langage de l’ordre et de l’institution, qui s’éloigne de la vie. 
La société actuelle apparaît comme l’Éponge Connerie Planétaire (EPC). L’éponge absorbe la vie, mais ne s’organise pas autour d’un pouvoir central. 
Le féminisme primaire et 
postmoderne participe à cette connerie en maintenant un attachement identitaire. « Tant que la guerre des sexes fait rage, les êtres ne se rencontrent pas et ne dérangent personne. Chacun est bien chez soi, qu’il soit seul ou en couple. Et le ressentiment, la haine, la jalousie prennent le pas sur la solidarité, l’amour, la camaraderie », souligne Yann Kerninon.

La créativité, le jeu, la plaisir permettent de sortir d’une vie étriquée, cloisonnée dans le cadre de l’Etat, de l’entreprise et de la famille. « La vie, c’est ce qui sort. Les histoires pas correctes, le rire sonore cinglant, le beau geste inutile, la passion amoureuse sans enfants - à la fois éternelle et démunie d’avenir, suspendue entre les instants - l’adultère amical et festif, la colère et la révolution », développe Yann Kerninon. Mais le féminin, avec sa fonction protectrice, se contente de gérer la vie plutôt que de l’intensifier. L’amour, qui permet la rencontre du féminin et du masculin, permet de dessiner un monde nouveau. Mais le couple et la famille ne permettent pas la rencontre ouverte à l’autre. Au contraire, la famille réprime les désirs de tous, et surtout des enfants.


La famille prépare au travail qui, loin d’être épanouissant, demeure déconnecté de la vie et des désirs. « Le travail est, sera et a toujours été synonyme de contrainte, d’ennui, d’aliénation », rappelle Yann Kerninon. Avec le règne de la compétition, l’entreprise devient le lieu de la solitude et de l’isolement. Mais le travail est imposé comme le seul lieu de sociabilité. 
L’amour, le plaisir, la poésie échappent à ce monde de comptables. Tout doit être calculé et quantifié, au détriment de la qualité de la vie. L’entreprise s’apparente à un lieu vide de sens et de désir. La communication et la relation remplacent le dialogue et la rencontre. Le hasard, le merveilleux et la vie déterminent la rencontre, qui devient le véritable acte révolutionnaire. La relation correspond désormais à un désert existentiel avec la relation commerciale ou professionnelle, la relation client ou la relation sexuelle. La rencontre ne renvoie pas à la loi ou au contrat mais relève du désir.
Michel Foucault décrit un contrôle généralisé et intériorisé. Dans l’entreprise, avec les badges et l’open space, ou dans la rue avec les caméras, la surveillance semble omniprésente. Les gestes et les corps doivent se conformer à une norme intériorisée. 
L’État réprime et remodèle les désirs pour supprimer toute forme d’amour et d’érotisme. Pourtant, « la domestication de nos désirs se fait avec mollesse et sans en avoir l’air », précise Yann Kerninon. Mais l’État diffuse son discours et sa logique de manière efficace. 
Cette société moderne détermine notre manière de penser, de vivre et d’aimer. Mais le désir demeure révolutionnaire car sa logique s’oppose à la logique de la société moderne. « Aimons-nous, caressons-nous, noyons-nous dans le regard de l’autre où nous croisons notre propre regard, donnons-nous du plaisir et un sens à nos vies », propose Yann Kerninon pour abattre tous les conformismes. 

 

                  Affiche, Le désir d'une vie autre est déjà cette vie là

 

L’expérimentation de l’amour et de la vie

 

« L’amour est à réinventer, on le sait », affirme le poète Arthur Rimbaud. Contrairement à la révolution sexuelle qui suppose un renversement de l’ordre social, la libération amoureuse se construit ici et maintenant. « Nous pensons qu’il s’agit d’une tâche délicate, qui réclame douceur, doute, introspection et non pas des mots d’ordre, des slogans, des certitudes », affirme Yann Kerninon. Cette libération suppose une transformation des esprits et des mentalités. « Une conversion du regard sur l’amour, sur nous-mêmes et sur l’autre que nous rencontrons », précise Yann Kerninon. 
Le fantasme est à abandonner. Attisé par la société de consommation, la publicité et la pornographie, le fantasme ne suscite que déception et frustration. En revanche, le désir sans fantasme permet d’agir dans le monde réel pour ouvrir ses possibilités. 
La représentation, l’image, le fantasme priment sur la rencontre et l’expérimentation. La pornographie semble à l’image de la société. Dans le contexte des années 1970, les films pornographiques ont même un scénario. La bourgeoisie et l’hypocrisie du couple monogame sont critiquées dans les dialogues. Le porno actuel n’est qu’une industrie qui vend de la consommation et du fantasme préfabriqué. Le porno n’est plus censuré et minoritaire mais, au contraire, façonne la société dominante. Les films romantiques s’opposent au véritable romantisme qui tente de vivre sa vie comme un roman pour préférer vivre sa vie à travers la fiction. 
L’amour fusionnel est à abandonner, tout comme la jalousie et la possession. Cette perspective suppose de lâcher prise et de lutter contre 
l’éducation que l’on subit dès l’enfance. « Vouloir posséder l’autre, c’est notre vieux réflexe qui, bien souvent d’ailleurs, nous dépossède de l’autre et de l’amour », souligne Yann Kerninon. La lassitude, les crispations, les souffrances et les séparations proviennent souvent de la jalousie. Avec le couple traditionnel, toute rencontre débouche alors vers une rupture. La peur et la possession, valorisées par la culture bourgeoise, priment sur le don et l’engagement. « La vénération crispée de la fidélité possessive est une vénération de l’ennui, du confort et de la crainte devant la vie et ses révélations », souligne Yann Kerninon. 


Il semble difficile de sortir de la société actuelle fondée sur la famille et le travail. Tous les individus sont le produit de cette société et de l’éducation. Les expériences alternatives, bien que sympathiques, sont condamnés à l’échec ou à la reproduction d’une société hiérarchisée. « Mais la révolution, ça commence maintenant et chacun peut la faire en changeant, à la fois, sa manière de voir et sa manière de faire, l’organisation de sa propre vie », affirme pourtant Yann Kerninon. Cette proposition permet de sortir de l’utopie communautaire pour expérimenter d’autres manières de vivre à partir du quotidien. Le petit couple fermé ou le divorce ne sont pas les seules possibilités. L’expérimentation de la vie et de l’amour peut se réaliser ici et maintenant.

 

Même si Yann Kerninon occulte la nécessité d’une perspective de révolution amoureuse et sexuelle. Il refuse d’abattre l’ordre existant pour inventer, collectivement, une autre manière de vivre et d’aimer.Pourtant, sans produire une nouvelle morale, cet horizon permet d’assumer l’incertitude du présent pour relier le quotidien et l’utopie. Les avant-gardes artistiques, mais aussi le freudo-marxisme, s’attachent à rendre la vie passionnante ici et maintenant tout en esquissant le projet d’une nouvelle société. Les deux aspects, loin de s’opposer, semblent indissociables. Construire un monde de plaisir et de jouissance suppose la destruction de l’existant, mais n’empêche pas l’expérimentation immédiate. 

 

 

 

                           Affiche, Vivre sans contrainte pour s'aimer sans entrave

 

L’amour pour vivre intensément

 

La nudité permet de déposer son masque social. L’amour repose sur l’intimité plutôt que sur l’artifice et la séduction. L’abandon, voire la mise en danger, doit primer sur l’impératif de performance. 
En amour, l’expérimentation doit primer sur les certitudes. Il faut agir, non par rapport à des fantasmes, mais par rapport à la situation réellement existante. Le désir doit guider cette imagination de nouvelles relations humaines. « Nous parlons de réinventer la vie, c’est-à-dire à dire sa propre manière de vivre et de rencontrer l’autre », précise Yann Kerninon. L’amour permet de donner du sens à la vie, et favorise également la jouissance corporelle et le plaisir sexuel. Ses deux aspects, le sens et le plaisir, doivent s’articuler pour passionner la vie. 
L’amour s’apparente à un art. La rencontre, bien que liée au hasard, peut aussi se provoquer. Chaque jour, les individus croisent de nombreuses personnes et font le choix de ne pas les rencontrer. L’amour suppose également d’inventer son propre style, avec beauté et élégance. 
Le dandysme, loin de se réduire à une mode vestimentaire, vise à construire sa vie comme une œuvre d’art. « Son projet est d’incarner une éthique et un nouveau rapport à la vie », résume Yann Kerninon. Dans notre époque médiocre, de désert existentiel et de misère affective, le dandysme s’attache à une certaine élévation et à une exigence. « Si la tâche de l’artiste est de nous dévoiler la vérité et, si possible, la beauté des choses, la tâche du dandy amoureux, ou de son équivalent féminin, sera donc de dévoiler la vérité et la beauté de toute rencontre », décrit Yann Kerninon. Le dandy amoureux s’ouvre à toute nouvelle rencontre pour y puiser de la joie et du plaisir. 
Le petit couple bourgeois, le mariage, l’exclusivité amoureuse et la propriété sexuelle fondent la conception dominante de l’amour. Pourtant, comme au travail, la moindre erreur se paie par un licenciement. Malgré l’absence de liberté en amour, la fidélité disparaît. Les individus passent d’un partenaire à un autre, comme des consommateurs. Surtout, ils n’hésitent pas à renier leurs anciens amours pour un culte du présent et de l’immédiat. 

« Continuer de chercher et demeurer ouverts à l’ouvert : c’est en cela que consiste notre tentative de libération amoureuse », résume Yann Kerninon. Dans une époque de résignation et de soumission, dans un contexte de destruction des relations humaines, l’amour apparaît comme un horizon subversif. « Il nous faudra oser proclamer publiquement notre attachement à l’Amour, et à toutes les amours possibles, et assumer le fait que nous sommes sentiment, et désir, et amour. Il faudra le dire. Et il faudra le faire. Faire l’amour », souligne Yann Kerninon. 

Il semble difficile d’accorder la pratique à la théorie dans le domaine de l’amour. Dans ce sens l’expérimentation apparaît comme une démarche pertinente, loin des certitudes et des affirmations militantes. Pourtant, il semble indispensable de s’inscrire dans l’horizon d’une révolution amoureuse et sexuelle. Seule une rupture avec l’ordre marchand peut permettre de supprimer les normes et contraintes sociales. Mais la révolution sociale doit aussi permettre de construire un nouveau monde qui libère le désir, le plaisir, la jouissance.

 

Source: Yann Kerninon, Vers une libération amoureuse. Propositions romantiques, érotiques et politiques, Libella Maren Sell, 2012

 

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Pour aller plus loin:

Site de Yann Kerninon

Yann Kerninon: "Avant tout, construire une existence qui swingue", entretien par Lemi publié sur le journal en ligne Article 11 le 1er juin 2009

Vidéo de Yann Kerninon dans l'émission "Ce soir ou jamais", le 23 octobre 2012

Cécile Daumas et Clément Ghys, « Pourquoi ne pas être engagé dans plusieurs amitiés érotiques ? », entretien avec Marcela Iacub publié dans Libération Next le 8 août 2014

Rédigé par zones-subversives

Publié dans #Révolution sexuelle

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