Antifascisme citoyen : édito n°11

Publié le 7 Octobre 2013

Antifascisme citoyen : édito n°11
La journée sur la fac de Lettres de Montpellier du 26 septembre 2013 est révélatrice de l'air du temps. Une demi douzaine de jeunes bourgeois accoutrés de manière ridicule plastronnent devant l'entrée de l'université. En réalité ce sont les larbins de l'UNI, une association qui regroupe les étudiants de la droite extrême. Mais ils ressemblent plus à des jeunes friqués et ridicules qu'à de dangereux fascistes près à en découdre.
Mais il n'en faut pas plus pour déclencher une "alerte antifa". Les libertaires, antifascistes et autres autonomes décident de quitter une Assemblée générale pour faire face à un supposé péril fasciste. Pendant ce temps, l'Assemblée est encadré par des bureaucrates et des profs qui entendent bien utiliser la "mobilisation étudiante" pour défendre leurs intérêts de la petite bourgeoisie intellectuelle.
A l'entrée de la fac, la scène vire alors à la mascarade. Les profs du Snesup (un syndicat lié au PS et au Front de gauche) qui dirigent la fac, et aussi l'assemblée générale, envoient une escouade d'une dizaine de CRS. La police et les étudiants de droite semblent alors assiéger l'université. Les passants s'arrêtent pour observer ce spectacle grotesque. Il n'y a aucun enjeu véritable mais, au moins, les larves réactionnaires et les flics semblent bien ridicules. Les "antifas" aussi, il faut bien le reconnaître.
 
Dans d'autres contrées d'Europe, la fascisme ressemble moins à une farce qu'à une tragédie. Les agressions se multiplient et des personnes sont tuées comme en Grèce ou en Ukraine. Les fascistes apparaissent alors comme les derniers remparts d'un ordre social qui commence à vaciller.
En France, un président détesté peut encore se permettre de rencontrer les ouvriers dont il a brisé la vie, comme à Florange. Les syndicalistes, bien dans leur rôle, n'hésitent pas à applaudir le chef d'Etat devant les caméras. Avec les bureaucraties de la CFDT et de la CGT le pouvoir ne se sent pas vraiment menacé. Surtout, la colère semble moins grande que la résignation face aux mesures d'austérité, à commencer par la réforme des retraites.
A Montpellier, la mobilisation étudiante semble très locale et ne sort pas du cadre corporatiste dans lequel entendent l'enfermer les associations. La lutte globale contre les plans d'austérité n'est pas encore à l'ordre du jour des assemblées générales. C'est pourtant une révolte de tous les exploités, et non des résistances micro-locales, qui peut permettre de faire reculer le pouvoir.
 
 
Ce nouveau numéro propose de se pencher sur la réflexion critique. Des universitaires semblent sortir de leur petit cloisonnement académique pour esquisser une réflexion sur l'émancipation. Dans les années 1970, les luttes contre les prisons ont également alimenter une intense réflexion politique.
 
Dans le contexte de la rentrée littéraire, avec son déluge de livres formatés et conformistes, il semble intéressant de proposer une réflexion politique sur la littérature. Dès le XIXème siècle, l'écrivain Sainte-Beuve ironise sur une production littéraire soumise à la logique marchande. Au début du XXème siècle, L'écrivain Alfred Döblin propose sa propre conception du roman et de la poésie épique. Il incarne une littérature populaire et libératrice.
La vie quotidienne demeure le principal sujet de la littérature qui s'attache à décrire l'expérience vécu. Des écrivains insistent sur la possibilité de rendre passionnant le quotidien. La littérature érotique de Pierre Louÿs peut s'inscrire dans cette démarche. Il propose d'expérimenter toute une variété de plaisir amoureux, sensuels et sexuels. Inversement, le cyberpunk décrit un futur proche qui se caractérise notamment par l'aliénation technologique et la désagrégation des relations humaines.
 
A l'occasion de l'exposition Guy Debord à la Bibliothèque nationale de France, des articles évoquent l'aventure situationniste. Cet esprit dissident semble désormais embaumé et réduit à un spectacle. Cette mascarade révèle le cynisme clinquant de notre époque. Pourtant Guy Debord associe lutte sociale et critique radicale de la vie quotidienne. Les pratiques artistiques permettent de réinventer la politique révolutionnaire. Michèle Bernstein décrit les différentes pratiques qui permettent d'expérimenter d'autres possibilités d'existence. Pour les situationnistes, transformer le monde doit surtout permettre de changer la vie.
 
 
 
Sommaire n°11 :
 
 

Réfexions et luttes :

 
 
 

Littérature et politique :

 
 

Guy Debord et les situationnistes :

Publié dans #Numéros complets

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