Solidarité avec les ouvriers de PSA : édito n° 6

Publié le 16 Août 2012

Solidarité avec les ouvriers de PSA : édito n° 6

Malgré la torpeur estivale, la contestation perdure. Les luttes ouvrières, enterrées depuis longtemps par les médias et les sociologues, se rappellent au bon souvenir des dirigeants. Les ouvriers de Peugeot-PSA s’organisent contre leur licenciement et surtout contre la morgue des patrons et de l’État. Alors que les entreprises arrosent les actionnaires des bénéfices, ceux qui produisent réellement les richesses se voient refuser quelques miettes. Le nouveau gouvernement socialiste et le ministre Arnaud Montebourg ravalent déjà leurs quelques timides engagements pour se soumettre au patronat. Il n’y a rien à attendre d’un État qui défend les mêmes intérêts que les possédants. Les mineurs espagnols ont bien compris que l’action directe et l’affrontement avec l’État demeure la seule solution. Dans cette période de crise, la classe ouvrière reste la plus exposée. Mais l’ensemble des salariés, des travailleurs précaires et des chômeurs vont subir les attaques du gouvernement. La solution pour sortir de la crise ne provient pas de l’audit sur la dette lancé par Attac, ni du Front de gauche ou de Syriza en Grèce, avec leurs politiciens d’extrême gauche. Des bureaucrates démagogiques tentent de profiter de la crise pour accéder à leur tour au pouvoir en promettant le changement. Seule la combativité et la radicalisation des luttes peut permettre d’affronter l’État et le capital pour bouleverser le cours de l‘histoire.

 

Ce numéro se penche justement sur le renouveau des luttes. La réflexion critique et l’analyse des nouvelles formes d’aliénation doivent également permettre de penser notre période décisive. Ce numéro doit permettre de diffuser des pistes de réflexion pour lutter contre la société moderne et la logique du capital.

En France, le mouvement autonome subit une répression brutale. L’État criminalise les composantes les plus radicales des luttes sociales et construit un repoussoir antiterroriste pour diviser la contestation. Mais les plans d’austérité et la faillite du capitalisme attisent la contestation à travers le monde. Des nouvelles pratiques de lutte émergent. Les assemblées, l’occupation de places publiques et l’action directe créent des mouvements en dehors des structures politiques qui tentent de contrôler la contestation. Au Québec, un mouvement étudiant brise la morosité marchande. Le « printemps érable » mobilise la jeunesse, mais aussi une large partie de la population.

 

Le renouveau des luttes ravive la réflexion critique. L’Institut de démobilisation réfléchit sur la grève. Pour briser la séparation entre la théorie et la pratique, ainsi que la séparation entre la politique et la vie, la grève doit devenir illimitée. Josep Rafanell y Orra observe les évolutions du capitalisme qui diffuse des normes pour soumettre les individus. Ses réflexions font écho au texte de John Holloway. Cet universitaire lié aux luttes de l’Amérique latine propose une analyse originale du capitalisme et une critique radicale du travail. Ses différentes réflexions soulignent que les lutte permettent d’intensifier la vie et les relations humaines.

 

Pour radicaliser les luttes, il semble important de cartographie la désertification des relations humaines. Un article sur l'aliénation touristique permet d’analyser l’artificialisation de la vie. Une réflexion sur le contrôle des corps permet de comprendre la diffusion de nouvelles normes sociales qui renforcent la misère affective et sexuelle. Le tourisme et le sexe, en plus d'alimenter les dossiers estivaux des magazines, révèlent une crise de civilisation. 

Dans un contexte d’austérité, les luttes ne doivent pas se cantonner à quelques revendications économiques et sociales. L’enjeu devient de bouleverser l’ordre marchand pour transformer tous les aspects de la vie.

 

 

Sommaire:

 

Renouveau des luttes

L’antiterrorisme contre les autonomes

Occuper le monde: un désir de radicalité

Québec: mouvement étudiant et révolte sociale

 

Renouveau de la réflexion critique

La grève illimitée, une ouverture des possibles

Créer des communautés contre le capitalisme

Fissurer l'emprise du capital sur la vie

 

Renouveau des formes d’aliénation

Le tourisme, une forme moderne d’aliénation

Contrôle des corps et misère sexuelle

Rédigé par zones-subversives

Publié dans #Numéros complets

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