Mort à l'écologie : éditorial n°4

Publié le 16 Mars 2012

Mort à l'écologie : éditorial n°4

Le 29 février, dans la manif inter-bureaucrates de Montpellier, Éva Joly parade devant les caméras. Les quelques politiciens d'Europe Écologie quittent la manif une fois les caméras parties. Ceux qui renient leur opposition au nucléaire et à l'aéroport de Notre-dame des Landes pour quelques sièges de députés démontrent une nouvelle fois l'imposture de cette écologie politicienne. Mais, pendant ce bref spectacle comique Éva Joly défile à la fin du cortège, entre la police et les anarchistes. Si elle traverse la Grèce pour sa campagne électorale, elle ne se placera probablement pas entre les cortèges libertaires et les forces de l'ordre. La colère sociale embrase ce pays harcelé par les États européens pour accélérer les plans de rigueur. Mais les émeutes qui troublent la paix sociale ne suffisent pas pour renverser le capitalisme.

Sur le plan local, l'ordre règne toujours à Montpellier, entre l'expulsion d'un squat et des arrestations de sans papiers. La bourgeoisie et les classes dominantes stigmatisent les sans papiers, les chômeurs, les squatters, les fraudeurs et tous les exploités pour justifier les plans de rigueur et la répression.
 
La haine de l’État et du capital peut s'aiguiser dans cette période de crise et de plans de rigueur. Les révoltes arabes ouvrent des perspectives avec un soulèvement populaire, spontané et sans avant-garde, malgré une récupération politicienne avec les élections. Surtout, les causes sociales de la colère demeurent vives, notamment en Tunisie. La vitalité de ce "Printemps arabe" permet une ouverture des possibles.
La réflexion théorique permet également de penser le monde dans une perspective révolutionnaire. Les débats de Sartre avec l'extrême gauche antistalinienne renvoient à des enjeux contemporains, notamment sur le rôle des partis et autres organisations dans le processus révolutionnaire. Surtout, Sartre tente d'articuler la théorie et la pratique, pour développer un marxisme attaché à la liberté et à l'action humaine. Avec Marcuse, Sartre développe une critique originale de l'aliénation dans la travail et la vie quotidienne.
Cette réflexion rejoint le romantisme révolutionnaire, attaché à bouleverser l'ensemble des rapports humains. Le penseur Henri Lefebvre illustre ce courant qui valorise la subjectivité contre la civilisation marchande.
L'expérience du mouvement autonome de l'Italie des années 1970 permet également de réfléchir sur les luttes à construire. Malgré son climat de violence diffuse, décrit par divers témoignages, ce mouvement aspire à passionner la vie et à libérer les désirs émancipateurs. Paolo Pozzi décrit l'effervescence de l'Autonomie avec son foisonnement de luttes et son intensification de la vie.
Ses différentes pistes de réflexion n'ont pas pour objet la simple abstraction théorique. La réactivation d'une véritable pensée critique, autant attachée à changer la vie qu'à transformer le monde, demeure un enjeu majeur pour les luttes actuelles, et surtout à venir.
 
 
 
Sommaire ZS n°4
 
 
Révoltes arabes
 
 
 
Politiques de Sartre
 
 
 
Romantisme et révolution
 

Henri Lefebvre et le romantisme révolutionnaire

 
 
Mouvement autonome en Italie
 

Témoignages sur la lutte armée en Italie

Rédigé par zones-subversives

Publié dans #Numéros complets

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