Les luttes des femmes en France

Publié le 22 Septembre 2022

Un peuple et son roi (2018)

Un peuple et son roi (2018)

L'histoire du féminisme reste traversée par de nombreuses luttes, mais aussi des débats sur les orientations et les priorités stratégiques. Les luttes des femmes restent liées aux combats contre le racisme et le colonialisme mais également à l'histoire du mouvement ouvrier.

 

 

Les luttes des femmes traversent l’histoire de France. Elles construisent une pensée et une pratique féministe. Elles refusent la division traditionnelle entre une sphère privée dévolue aux femmes et une sphère publique réservée aux hommes. L’image de la mère au foyer docile et soumise est brisée lorsque des révoltes de femmes éclatent.

Le féminisme s’organise de manière autonome pour faire avancer les droits et les libertés. Ces luttes font bouger les lignes et les assignations de genre avec des rôles sociaux imposés. Elles remettent également en cause l’ordre social et ses inégalités. Mais le mouvement féministe semble également traversé par des conflits. Différentes sensibilités politiques, identitaires et culturelles s’expriment. Surtout, des choix politiques et stratégiques différents peuvent s’opposer. Mais des convergences permettent aussi de construire un véritable mouvement social autour de causes communes.

Aujourd’hui, les jeunes universitaires baignent dans un féminisme postmoderne. La déconstruction du genre prime sur la lutte pour l’égalité. Ensuite, un féminisme intersectionnel insiste sur la diversité des oppressions et notamment sur la dénonciation du racisme. Mais il semble également important de souligner que le féminisme croise l’histoire des luttes anticoloniales et du mouvement ouvrier. Bibia Pavard, Florence Rochefort et Michelle Zancarini-Fournel retracent cette histoire dans le livre Ne nous libérez pas, on s’en charge.

 

                         

 

Féminismes au XIXe siècle

 

Les femmes sont évidemment nombreuses à participer à la Révolution française. En 1789, des femmes défendent aussi leurs propres droits. Elles sont issues de milieux aisés et participent à la rédaction des Cahiers de doléances. A partir de 1792, ce sont femmes de milieu plus populaire qui interviennent sur la scène publique. L’écrivain Choderlos de Laclos compare la situation des femmes à celle des esclaves dans les colonies. Elles sont la propriété de leurs maris comme les Noirs sont la propriété des colons. Olympe de Gouges relie également la cause des femmes à celle des esclaves.

Dès 1789, les femmes sont actives dans la rue et présentes dans les émeutes. Elles n’interviennent pas en tant que femmes. Mais elles se posent comme sujets révolutionnaires, à l’égal des hommes. Le 5 octobre 1789, les femmes se rassemblent contre le prix du pain et l’arrogance du roi. Les manifestantes rallient des personnes sur leur passage et le cortège se forme. Elles arrivent à Versailles et occupent l’Assemblée nationale. Elles obligent le roi à revenir à Paris.

Néanmoins, la République consacre les femmes uniquement pour leur rôle de mère. Elles n’ont pas accès au vote et à la citoyenneté. Cependant, des clubs d’Amazones se forment. Des femmes n’hésitent pas à défiler en armes. La violence féminine trouble l’ordre public mais aussi l’ordre patriarcal.

Dans le contexte de la révolution de 1848, le journal La Voix des femmes exprime un point de vue féministe. Il revendique le droit au travail, contre la spécialisation dans le rôle de mère de famille. Le journal dénonce également les bas salaires des ouvrières. La Voix des femmes  revendique également des droits politiques. Le suffrage universel instauré en 1848 reste exclusivement masculin.

En 1871, des révoltes de quelques jours éclatent dans différentes villes comme Lyon mais aussi en Martinique. La Commune de Paris s’étend sur 72 jours. Les femmes construisent des barricades ou sont ambulancières. Certaines portent même des armes. Louise Michel devient une figure emblématique de la Commune. Cette anarchiste semble même désormais récupérée par l’histoire républicaine.

 

La République se construit sur la répression de la Commune avec une idéologie réactionnaire. Dans ce contexte, les féministes insistent sur les droits civils et politiques. Hubertine Auclert donne la priorité à la lutte pour le suffrage des femmes. Des ouvrières lancent des grèves, mais les féministes semblent éloignées des questions sociales. Bien que militante socialiste, Hubertine Auclert rejette la lutte des classes et s’enferme dans une approche réformiste. Au contraire, Louise Michel propose de regrouper les femmes dans une perspective anarchiste et révolutionnaire.

La République reste fondée sur une idéologie réactionnaire. L’école devient obligatoire, mais repose sur la non-mixité. L’éducation des filles diffère de celle des garçons. Ensuite, la République reste attachée à l’ordre moral, avec la défense de la famille et du mariage. Un homme qui tue sa femme pour adultère reste rarement condamné. Les féministes dénoncent ces violences et réclament le divorce par consentement mutuel qui n’existe pas. Elles défendent également les prostituées qu’elles considèrent comme des victimes et non comme des perverses à réprimer. La question de la prostitution rejoint celle de la misère et des conditions de travail plus décentes.

 

 

Simone de Beauvoir en 1945. 

 

 

Féministes face à la République

 

Une presse féministe, incarnée par La Fronde, se développe durant la Belle époque. Certes, ces journalistes sont issues d’un milieu bourgeois et valorisent la réussite individuelle. Cependant, elles affirment le modèle de la femme libre et indépendante. Le féminisme se développe surtout dans le mouvement anarchiste individualiste et les milieux libres. Ce courant lutte pour l’amour libre, l’avortement et la contraception. Les anarchistes affirment que les femmes ont également des besoins sexuels. Elles doivent librement exprimer leurs désirs. « La femme ne fait pas qu’être désirée : elle désire : l’instinct sexuel parle aussi en elle », affirme Madeleine Pelletier. Cette anarchiste critique également les différences dans l’éducation des filles et des garçons.

Les féministes, souvent issues de la petite bourgeoisie, refusent les divisions créées par la lutte des classes. Certes, les ouvrières ne subissent pas les mêmes conditions de vie que les avocates ou les journalistes. Les féministes bourgeoises insistent d’ailleurs davantage sur le droit de vote plutôt que sur les conditions de travail. Cependant, des ouvrières en grève doivent parfois affronter leurs maris qui veulent les ramener à l’usine pour travailler. Les syndicalistes révolutionnaires de la CGT insistent sur l’égalité des sexes.

De nombreuses féministes s’enthousiasment pour la révolution russe de 1917. Le journal La Voix des femmes publie des textes d’Alexandra Kollontaï contre le mariage et pour l’amour libre. Des féministes rejoignent le jeune Parti communiste, créé en 1920, avant de fuir sa bolchevisation et son tournant autoritaire. Ces féministes révolutionnaires polémiquent avec les féministes bourgeoises en quête de respectabilité auprès des politiciens. Ce courant milite avant tout pour le droit de vote. Des partis de gauche parviennent à faire élire des femmes.

 

Le droit de vote des femmes est promulgué en 1945. Un cycle de lutte s’achève et les vieilles associations réformistes se délitent. Ce sont les réseaux catholiques et communistes qui prétendent représenter les femmes, avec une défense de la famille traditionnelle et de la figure maternelle. Les femmes jouent un rôle important dans les luttes anticolonialistes. Des associations de femmes sont créées dans le contexte de la lutte pour l’indépendance de l’Algérie.

La philosophe Simone de Beauvoir incarne le renouveau du féminisme. La compagne de Jean-Paul Sartre est jugée scandaleuse par sa liberté sexuelle et sa critique de l’instinct maternel. Dans Le Deuxième sexe, elle s’appuie sur son expérience vécue et corporelle pour attaquer les entraves qui empêchent les femmes de devenir le sujet de leur propre destin pour accéder à la singularité et à la liberté. Elle accorde une grande attention à l’épanouissement sexuel autonome des femmes. Elle refuse le statut de la femme-objet et propose des rapports amoureux et sexuels égalitaires.

Mais la philosophie de Simone de Beauvoir se heurte au puritanisme catholique et communiste. Pourtant, elle influence de nombreuses jeunes femmes. La parole se libère à travers la publication de livres qui dénoncent les inégalités dans la vie quotidienne des femmes, notamment dans la collection de Colette Audry. L’émission de radio de Ménie Grégoire sur RTL permet à des femmes de témoigner. Des associations comme le Planning familial diffusent des pratiques de contraception.

 

 

       Manifestation du MLF (Mouvement de Libération des Femmes) contre le travail à temps partiel, le 6 mars 1982 à Paris.

 

 

Féminisme des années 1968

 

La révolte de Mai 68, qui s’accompagne d’une grande grève intersectorielle, remet en cause toutes les formes d’autorité. Les femmes participent activement à ce mouvement. Pourtant, ce sont des hommes qui jouent le rôle de dirigeants et de responsables syndicaux. Les femmes restent écartées de la parole publique et de la prise de décision. Cependant, la politisation pendant Mai 68 permet à de nombreuses jeunes femmes de s’engager en politique pour la première fois.

Dès octobre 1968 émergent de nombreux groupes de femmes. Mais le Mouvement de libération des femmes (MLF) est créé en 1970. La revue Partisans lance un numéro « Libération des femmes : année zéro ! » en juillet 1970. Christine Delphy dénonce le travail domestique subi par les femmes. Elle attaque le patriarcat, mais minimise l’exploitation capitaliste. Ce qui lance un débat avec les « féministes lutte de classes ».

La revue Partisans évoque également l’importance de la jouissance féminine. Anne Koedt dénonce le « mythe de l’orgasme vaginal ». Elle insiste sur l’importance du clitoris. Les femmes n’ont pas besoin des hommes pour rechercher leur propre plaisir. La libération sexuelle insiste sur la jouissance mais critique également la domination patriarcale. La révolution sexuelle passe par l’égalité entre hommes et femmes. La lutte féministe passe par la libération des corps contre le puritanisme.

Le MLF tente de s’organiser de manière non hiérarchique. Des assemblées se déroulent aux Beaux-Arts à Paris. Le journal Le Torchon brûle combine des témoignages personnels et des analyses politiques. Différentes actions sont décrites. Le ton est à la fois sérieux et drôle. La dérision permet d’attaquer les rapports de domination. Le militantisme gauchiste, jugé « orthodoxe sacerdotal et militariste » est moqué. L’hymne des femmes incarne une tonalité combative, mais aussi joyeuse et créative. 

Le MLF multiplie les actions provocatrices, comme la perturbation d’événements médiatiques. Les féministes soutiennent également les ouvrières en grève. Elles moquent les symboles de la presse féminine et le féminisme réformiste qui ne remet pas en cause la société bourgeoise. Mais le MLF attaque également les syndicats et partis d’extrême-gauche qui ne remettent pas en cause le patriarcat.

 

La lutte pour l’avortement devient centrale. Un manifeste regroupe 343 femmes célèbres et anonymes qui affirment avoir avorté est publié dans Le Nouvel Observateur. Ce texte est renommé ironiquement le « manifeste des 343 salopes » par le journal Charlie Hebdo. Le 20 novembre 1971, une manifestation impulse une dynamique festive à cette lutte. Le Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception (MLAC) regroupe des militants gauchistes et des femmes directement confrontées aux problèmes liés à l’avortement. Ce mouvement impose une pression politique qui oblige Simone Veil à légaliser l’avortement en 1975.

Le corps reste au cœur des pratiques et des revendications. Les femmes tentent de mieux connaître et explorer leur corps. Cette réappropriation des savoirs et des pratiques se diffuse, notamment avec la brochure Notre corps, nous-mêmes publiée en 1977. Mieux connaître son corps doit également permettre de combattre le viol et les violences sexuelles. Le viol est considéré comme une expression de la domination masculine. Même si la pénalisation et le recours à la répression par la justice bourgeoise font débat parmi les féministes.

Le féminisme se nourrit d’un renouveau du mouvement homosexuel. Au sein du Front homosexuel d’action révolutionnaire (FHAR) se développent les Gazolines, des travestis qui pratiquent l’humour et la dérision. Les Gouines rouges vont se démarquer du mouvement féministe pour se centrer sur les problèmes subis par les lesbiennes.

 

 

      

 

 

Bouillonnement et institutionnalisation du féminisme

 

Une nébuleuse se développe après 1975. Des comités de quartier donnent un ancrage populaire au mouvement. Des « féministes lutte de classes » s’impliquent dans ces comités. Elles militent également dans des partis d’extrême-gauche. D’autres féministes insistent au contraire sur l’autonomie du mouvement par rapport aux partis politiques. Cependant, les militantes féministes contribuent à faire évoluer les organisations d’extrême-gauche et leur modèle hiérarchisé à travers leur critique des rapports de pouvoir.

La Ligue communiste révolutionnaire (LCR) et le Parti socialiste unifié (PSU) intègrent les revendications féministes. En revanche, le Parti communiste reste hostile à un combat accusé de diviser la classe ouvrière. Les directions syndicales restent également hostiles aux revendications féministes. En revanche, les ouvrières en grève développent des pratiques d’auto-organisation et peuvent également porter des revendications féministes.

 

La lutte se prolonge à travers une culture féministe. Les librairies, cafés et Maisons de femmes se multiplient. L’échange d’idées doit permettre de forger la conscience féministe. La vente de journaux, de livres, l’organisation de débats et la projection de films deviennent aussi des moments de sociabilité. La cinéaste Carole Roussopoulos relaye les diverses luttes des femmes à travers ses films.

La réalisatrice Agnès Varda intègre une dimension féministe dans son cinéma. Même la presse traditionnelle, comme le magazine Marie-Claire, se proclame féministe. Ce qui fait également pointer le risque d’une récupération édulcorée de la lutte des femmes. L’aventure du MLF s’achève dans des divisions internes et avec le risque de la récupération politique.

En 1981, l’arrivée de la gauche au pouvoir permet l’institutionnalisation du féminisme. En dehors du remboursement de l’IVG, aboutissement d’un long combat, Yvette Roudy ne propose que des mesures symboliques. Surtout, elle subventionne les associations et redonne un souffle au féminisme réformiste. La gauche valorise le féminisme bourgeois de l’égalité des chances. Les féministes lutte des classes observent que la parité ne profite qu’aux politiciennes bourgeoises, mais pas à l’ensemble des femmes. Ensuite, l’institution universitaire et les études de genre permettent une consécration académique et des débouchés professionnels bien loin de la révolte féministe.

 

 

      

 

 

Renouveau du féminisme

 

Un renouveau théorique s’observe avec un féminisme postmoderne. La théorie queer, inspirée par Michel Foucault, insiste sur la construction du genre à travers le langage et la symbolique. Un féminisme décolonial et intersectionnel se développe également. La « question du voile » divise le mouvement féministe. Certaines rejoignent le racisme anti-musulman tandis que d’autres minimisent la dimension réactionnaire et patriarcale de la religion. Un féminisme musulman défend une réforme de l’islam vers plus d’égalité entre hommes et femmes.

La prostitution reste l’autre grand débat qui traverse le féminisme au XXIe siècle. Les luttes des prostituées se développent, notamment à Lyon en 1975. Mais le terme de prostitution masque des conditions très différentes. Gayle Rubin estime que le féminisme abolitionniste, qui veut réprimer les prostituées, reste moraliste et antisexe. Les abolitionnistes insistent sur la marchandisation du sexe et sur les réseaux de traite des femmes. Au contraire, un féminisme pro-sexe propose une pornographie féministe et valorise la réappropriation du corps. Ces nouvelles représentations pornographiques refusent de réduire les femmes à la passivité sexuelle.

 

Un nouveau féminisme s’appuie sur les réseaux sociaux. Les Femen ou La Barbe privilégient les actions spectaculaires et médiatiques. Un féminisme des racisées prétend représenter les femmes des quartiers populaires et de l’immigration. Ni Putes Ni Soumises est créé en 2003. Houria Bouteldja, figure des Indigènes de la République, entend également incarner un féminisme antiraciste. Mais la dimension identitaire prime sur la solidarité entre femmes. Des afro-féministes se réfèrent à des figures comme Audre Lorde ou Angela Davis. Pourtant, loin d’un appel à la lutte, elles privilégient les universités décoloniales. Le féminisme intersectionnel est accusé de valoriser une lecture raciale de la société qui efface les clivages de classe.

Le moment #MeToo permet une libération de la parole, à travers les réseaux sociaux, sur les violences faites aux femmes. Un nouveau bouillonnement féministe se développe avec des médias en ligne, des podcasts, des comptes Tumblr ou Instagram. La question des violences sexuelles devient centrale, liée à celle de la réappropriation du corps et du plaisir féminin.

 

 

Des manifestantes et des manifestants défilent pour défendre le droit à l’IVG, dans les rues de Paris, le 2 juillet 2022.

 

 

Histoire et actualité des féminismes

 

Bibia Pavard, Florence Rochefort, Michelle Zancarini-Fournel proposent un livre sur référence sur l’histoire des féminismes en France. Ces historiennes sont déjà bien connues pour leurs recherches sur le sujet. Elles montrent l’importance des luttes féministes et les replacent dans leur contexte historique. Elles évoquent les journaux, les revendications, les luttes et surtout les débats qui traversent le mouvement féministe.

Bibia Pavard, Florence Rochefort, Michelle Zancarini-Fournel prennent le meilleur de l’intersectionnalité qui croise les différentes oppressions. Les féministes éludent les revendications sociales et les luttes anticoloniales. Inversement, le mouvement ouvrier relègue la revendication d’égalité entre hommes et femmes au second plan. Les relations des féministes avec les partis de gauche, mais surtout avec les luttes ouvrières et anticoloniales sont bien évoquées.

Bibia Pavard, Florence Rochefort, Michelle Zancarini-Fournel attaquent l’image d’un mouvement féministe considéré comme un bloc monolithique. Le féminisme n’est pas une idéologie figée et cloisonnée. Ce mouvement reste traversé par différents courants qui proposent des sensibilités différentes. Même si le féminisme repose sur le socle de l’égalité.

 

Cependant, le clivage de classe reste central. Un féminisme bourgeois défend l’égalité des chances. Ce courant est porté par des intellectuelles qui veulent accéder au même statut social et politique que les hommes. En revanche, ce féminisme abandonne les femmes issues de la classe ouvrière. Le lien entre genre et classe semble déterminant pour remettre en cause le patriarcat. Ce féminisme anticapitaliste aspire à une égalité entre hommes et femmes quelles que soient leurs origines sociales. 

Bibia Pavard, Florence Rochefort, Michelle Zancarini-Fournel évoquent les débats à la mode dans les milieux médiatiques et universitaires, comme le voile ou la prostitution. Mais elles n’écornent pas le morcellement postmoderne. La contestation des années 1968 libère un bouillonnement contestataire avec diverses luttes autonomes. Ce mouvement sort de la centralisation pour permettre la multiplication de collectifs et de luttes.

Cependant, cette approche délaisse progressivement la perspective révolutionnaire pour se contenter d’additionner les petits ghettos. Les luttes spécifiques contre diverses oppressions ne doivent pas être gommées. Mais elles doivent aussi se relier entre elles, non pas à travers une convergence des luttes qui juxtapose des collectifs, mais dans une démarche de révolte globale contre toutes les formes de hiérarchies et d’exploitation.

 

Source : Bibia Pavard, Florence Rochefort, Michelle Zancarini-Fournel, Ne nous libérez pas, on s’en charge. Une histoire des féminismes de 1789 à nos jours, La Découverte, 2020

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Pour aller plus loin :

Vidéo : Ne nous libérez pas, on s'en charge. Une histoire des féminismes de 1789 à nos jours, diffusée sur le site Les Rendez-vous de l'histoire le 11 octobre 2020

Vidéo : Mois du genre - “Continuités et discontinuités dans l’histoire des féminismes”, conférence mise en ligne sur le site de l'Université d'Angers le 23 mars 2022

Vidéo : Bibia Pavard, Parcours de combattantes: faire l’histoire des féminismes, conférence mise en ligne le 11 août 2021

Vidéo : S'inspirer, respirer Féminisme : la nouvelle vague mondiale emportera-t-elle l’ordre patriarcal ?, conférence mise en ligne sur le site de la Fondation Pernod Ricard le 12 mai 2022

Vidéo : Christiane Taubira & Bibia Pavard, débat mis en ligne par la revue La Déferlante le 2 décembre 2021

Vidéo : Ne nous libérez pas, on s'en charge, débat mis en ligne par la Bibliothèque de Paris le 9 février 2021

Radio : Féminismes, une histoire en mouvement, émission diffusée sur France Culture le 27 janvier 2022

Radio : Sophie Peroy Gay, Histoire des féminismes, avec Florence Rochefort, émission diffusée sur Radio Parleur le 27 mars 2021

Radio : 147. Écrire l’histoire des féminismes, avec Bibia Pavard, émission diffusée sur le site Paroles d'histoire le 3 septembre 2020

Radio : Ne nous libérez pas, on s’en charge, émission Les Oreilles loin du Front diffusée le 5 novembre 2020

Radio : Lucie Bouteloup, «Ne nous libérez pas, on s'en charge», émission diffusée sur RFI le 15 novembre 2020

Radio : Les luttes des femmes des années 1968 – Christine Delphy, émission diffusée sur le site Sortir du capitalisme

 

Bibia Pavard, Florence Rochefort et Michelle Zancarini-Fournel, Faire l’histoire sociale des féminismes pour contribuer à l’insurrection féministe, publié sur le site de la revue Contretemps le 5 janvier 2021

Johanna Lenne-Cornuez, La force des féminismes, publiée dans la revue en ligne La Vie des Idées le 7 décembre 2020

Ariane Temkine, Les femmes en mouvements, publiée dans la revue en ligne En attendant Nadeau le 1er octobre 2020

Ingrid Hayes, Note de lecture publiée dans la revue Le Mouvement social le 26 novembre 2021

Marie Lécuyer, Note de lecture publiée sur le site Liens Socio le 6 janvier 2021

Dominique Martinez, Note de lecture publiée sur le site de la revue de la Nouvelle vie ouvrière le 22 mai 2021

Note de lecture publiée sur le site Médias Citoyens Diois le 29 août 2020

Chloé Hubert, Note de lecture publiée sur le site Toute La Culture le 28 août 2020

Le féminisme à travers ses mouvements et combats dans l’Histoire, publiée sur le site d'Oxfam le 3 septembre 2021

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