La pensée libertaire de Joseph Déjacque

Publié le 24 Septembre 2016

La pensée libertaire de Joseph Déjacque
Les anarchistes luttent autant pour l'égalité que pour la liberté. Au XIXe siècle se forme déjà une pensée libertaire.
 

Joseph Déjacque exprime un anarchisme révolutionnaire au XIXe siècle. Il est condamné pour avoir participé à l’insurrection de 1848 en France. Il ne cesse de vivre dans la pauvreté mais mène un inlassable combat politique. Il critique à la fois le régime autoritaire et la misère sociale. En 1852, avec l’arrivée de Bonaparte au pouvoir, il s’exile en Angleterre.

Avec Gustave Lefrançais et d’autres « indépendants », il fonde « La Sociale ». Cette société d’entraide ouvrière vise à renforcer la solidarité au quotidien et défend des positions politiques radicales. Joseph Déjacque s’oppose au discours modéré de Victor Hugo. Au contraire, il propose « de marcher enfin au renversement de la vieille société et à la terre promise de la liberté et de l’harmonie, le flambeau dans un main et le glaive dans l’autre ».

En 1854, Joseph Déjacque rejoint New York. Il fonde un journal : Le Libertaire. Il développe une critique radicale de la famille, de la propriété, de la religion et du gouvernement. Son discours choque les républicains. Il semble proche de l’anarchisme mais dénonce la misogynie de Proudhon. Une série de textes de Joseph Déjacque, présentée par l’historien Thomas Bouchet, est regroupée sous le titre A bas les chefs !

 

                                                  

                  

Révolution politique et sociale

 

Joseph Déjacque dénonce les républicains dont l’opposition au régime élude la question sociale. Mais il critique aussi les ouvriers et leur moralisme chrétien. Dans le poème « Du pain et du travail » il défend l’émeute pour lutter contre la misère sociale.

Joseph Déjacque défend l’insurrection de 1848 qui permet de balayer la monarchie. Mais il reste réservé sur le nouveau régime de la IIème République. Il critique l’imposture de la politique sociale. Il travaille dans les ateliers nationaux qui se présentent comme des coopératives de production soutenus par l’Etat. Il s’agit en réalité d’ateliers de charité avec un encadrement de type militaire.

Dans le poème « Mes utopies », Joseph Déjacque propose également un socialisme sensuel. Il valorise l’amour et les baisers pour une utopie passionnée. Dans le même élan, il critique la morale religieuse incarnée les jésuites.

 

En 1852, Joseph Déjacque séjourne à Jersey. Il privilégie dès lors un ton polémique et une critique acérée. Ce qui lui vaut la détestation des républicains et des modérés. Il attaque les exploiteurs pour défendre l’émancipation des femmes et des prolétaires. Il propose une révolution sociale pour inventer une société égalitaire.

Dans « La question révolutionnaire », Joseph Déjacque s’adresse à ses « frères du prolétariat ». Il veut « hâter l’heure où vos masses énergiques, soulevant la logique et le glaive révolutionnaire, se précipiteront comme une avalanche sur cette société exubérante de privilège et d’exploitation ». Il dénonce l’opposition légaliste et républicaine à Louis Bonaparte. Ces modérés s’appuient sur la Loi et le Droit pour dénoncer le régime autoritaire. Mais Bonaparte s’appuie également sur une légitimité légaliste. « Il est dans la loi au même titre que les assemblées représentatives, législatives ou constituantes », observe Joseph Déjacque.

Ce n’est pas un simple régime autoritaire qu’il faut congédier, mais aussi l’Etat et la démocratie représentative. Le parlementarisme s’apparente à tous les autres gouvernements. Joseph Déjacque ajoute à cette critique politique une dimension sociale. Le régime défend l’exploitation avec ses bourgeois et ses propriétaires. La révolution politique doit donc s’accompagner d’une révolution sociale.

 

  Matthew McConaughey in Free State of Jones

 

Contre toutes les autorités

 

Joseph Déjacque propose la suppression de toute forme de pouvoir et de gouvernement. Il valorise l’anarchie et la liberté illimitée. Il propose l’abolition de la propriété privée pour permettre la possession en commun. Il dénonce également la famille, le couple et l’autorité patriarcale. La femme et l’enfant doivent s’émanciper. Son utopie libertaire s’appuie sur « une vie de délices ».

Joseph Déjacque critique tous les gouvernements car ils reposent la délégation. Ainsi tous les pouvoirs veulent perdurer et les gouvernements se contentent de défendre l’ordre établi. La justice et l’éducation permettent de maintenir la servilité de la population. Une législation directe doit permettre au peuple de décider pour lui-même. Les fonctionnaires spécialisés sont remplacés par des mandatés issus du peuple et révocables.

 

La religion oblige les opprimés à se soumettre à leur oppresseur. Ensuite, le clergé impose l’ordre moral et le puritanisme. « C’est lui qui, sous forme de prédications, nous verse par dose journalières la nicotine du renoncement aux jouissances de ce monde », analyse Joseph Déjacque. La religion soutien l’autorité et les régimes despotiques.

La propriété privée permet l’exploitation du travail et les inégalités sociales. La famille s’apparente à un petite Etat qui soumet la femme et les enfants. Le couple et les mariages forcés sont également dénoncés. Contrairement aux délires de Proudhon, l’émancipation de la femme demeure indispensable pour libérer l’humanité de l’esclavage.

C’est la totalité de l’ordre social et politique qui doit être attaquée. « Gouvernement, religion, propriété, famille, tout se tient, tout se lie, tout coïncide. Tout est cause et effet, parallèle et conséquence, induction et déduction logique, l’un de l’autre », analyse Joseph Déjacque. C’est l’ensemble des édifices de la civilisation marchande qui doit être abolit. Une nouvelle société doit émerger pour faire place « à l’édification et à l’organisation dans le monde de la liberté de sentiment et de sensation… », propose Joseph Déjacque.

La pensée libertaire de Joseph Déjacque

Polémiques et anarchisme critique

 

Le penseur libertaire s’exile à New York et à la Nouvelle Orléans. Il observe que l’Empire semble durer en France. Mais il continue à polémiquer avec ses contemporains.

Joseph Déjacque attaque Proudhon, considéré comme le penseur de l’anarchisme. Il énumère les différentes limites de la pensée de Proudhon. La misogynie doit être critiquée. La femme doit devenir l’égale de l’homme. Au contraire, Proudhon considère les femmes comme des êtres inférieurs. Ensuite, il ne cesse de défendre la petite propriété. Joseph Déjacque s’oppose à toute forme d’autorité et de propriété. Il dénonce la logique du contrat et de l’encadrement social défendue par Proudhon. « Arrivez en à la communauté-anarchique, c’est-à-dire l’état social où chacun serait libre de produire et de consommer à volonté et selon sa fantaisie, sans avoir de contôle à exercer ou à subir de qui que ce soit ou sur qui que ce soit », propose Joseph Déjacque.

Le journal Le Libertaire adopte un ton polémique et une radicalité politique. Ce titre de presse reste confidentiel mais ne cesse de remettre en cause l’ordre existant. « En tout et pour tous, il veut l’abolition de tous les esclavages et sous toutes les formes, l’affranchissement de toutes les chairs et de toutes les intelligences », présente Joseph Déjacque. Les patries, les races, les religions sont rejetées. Pour diffuser des idées révolutionnaires, deux méthodes se distinguent. L’une valorise la discussion courtoise et argumentée. L’autre repose sur le scandale et la provocation, « par la morsure et par le feu ».

 

Joseph Déjacque refuse toute forme de gouvernement. Même confier le pouvoir aux ouvriers lui semble dangereux. Le prolétaire n’est pas toujours vertueux. « Il est d’autant plus disposé à abuser du commandement qu’il a été enclin ou forcé à plus de soumission et à plus de bassesse envers ses commandeurs », analyse Joseph Déjacque.

L’anarchiste refuse toute forme de délégation de pouvoir, contrairement à la démocratie représentative. Chaque personne doit reprendre sa vie en main. « Toute représentation, toute délégation doit être souverainement, absolument interdite sous quelque prétexte et quelque cause que ce soit ; car la représentation, la délégation, c’est l’abdication », souligne Joseph Déjacque. Il propose de créer une organisation qui administre la société sans prise de pouvoir. « Le mieux est de laisser ainsi l’initiative de chacun », précise Joseph Déjacque.

La pensée libertaire de Joseph Déjacque

Actualité d’une critique libertaire

 

La pensée libertaire de Joseph Déjacque permet une analyse des révolutions du XIXe siècle, et notamment celle de 1848. Il distingue une révolution politique de la révolution sociale. La révolte de 1848 attaque un régime autoritaire et défend les libertés fondamentales. En revanche, cette insurrection ne comprend aucune dimension sociale. Les classes populaires mais aussi la petite bourgeoisie et des classes supérieures participent à ce mouvement.

La propriété privée et l’exploitation ne sont pas remises en cause. Cette analyse peut aussi permettre de comprendre l’actualité et le « Printemps arabe ». Une insurrection doit permettre de combattre un régime autoritaire. Mais elle doit surtout remettre en cause l’exploitation et le capitalisme. C’est malheuresement ce qui manque dans les révoltes qui éclatent dans les régimes autoritaires.

Joseph Déjacque propose également une critique de la démocratie représentative. Il remet en cause le principe de la délégation de pouvoir. Ce n’est pas une minorité de dirigeants qui doit prendre les décisions. Joseph Déjacque remet en cause toutes les formes d’autorité. Il soutient le combat pour la libération des femmes et les luttes des Noirs contre l’esclavage. Il remet en cause toutes les institutions patriarcales comme la famille, la religion et l'ordre moral.

Sa pensée s’inscrit dans une perspective globale. Il propose une émancipation de l’ensemble de l’humanité. Cette démarche tranche avec la mode postmoderne qui sépare diverses luttes et distingue chaque "minorité" à libérer. Au contraire, la révolution doit détruire la propriété, la religion et la famille pour permettre une émancipation globale.

 

En revanche, lorsque l’anarchiste s’aventure sur le terrain de l’utopie, il semble moins convainquant. Joseph Déjacque propose de « nommer une commission chargée, par mandat purement impératif et exclusivement administratif, d’organiser dans les vingt-quatre heures le fractionnement des sections législatives ». Son projet s’apparente à une auto-administration. Les anarchistes révèlent ici toutes leurs limites. Ils proposent une nouvelle organisation sociale mais sans abolir les catégories du capital comme le travail ou l’argent. Joseph Déjacque insiste sur l’abolition de la propriété privée. La terre et les usines doivent appartenir à tous.

Mais le travail à l’usine n’est pas remis en cause. L’activité productrice reste laborieuse et ne doit pas se transformer de manière ludique et passionnante. Les anarchistes proposent de changer la société sans remettre en cause les catégories du capital. Ils avancent des formes d’auto-exploitation sans penser une nouvelle manière de produire et de vivre. La forme, l'autogestion, prime sur le contenu.

 

Mais Joseph Déjacque reste attaché à la liberté. Il critique toutes les formes d’autorités et les contraintes sociales. Cette réflexion peut aussi déboucher vers une remise en cause du travail et de ses contraintes. L’activité productrice peut alors devenir un plaisir. L’utopie de Joseph Déjacque reste moins puritaine que l’anarchisme classique incarné par Proudhon.

Il insiste sur l’amour et la sensualité. « Hommes et femmes font l’amour quand il leur plaît, comme il leur plaît avec qui il leur plaît », propose Joseph Déjacque. Il valorise la libération amoureuse et sexuelle. Cette dimension sensuelle tranche avec la morale du travail et remet le plaisir au centre de la vie quotidienne.

 

Source : Joseph Déjacque, A bas les chefs ! Ecrits libertaires (1847-1863), La Fabrique, 2016

Extrait publié sur le site de la revue Contretemps

 

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Pour aller plus loin :

Vidéo : Joseph Déjacque: À bas les chefs !

Site consacré à Joseph Déjacque

Textes de Joseph Déjacque publiés sur le site Infokiosques

Textes de Joseph Déjacque publiés sur le site Non Fides

Bibiographie de Joseph Déjacque publiée sur le site Recherches sur l'anarchisme

La parole à… Joseph Déjacque, publié dans La Révolution et nous ~ le blogue historien de Claude Guillon le 20 mai 2013

Les mauvais jours finiront, Déjacque ou la passion anarchiste, publié sur le site Non Fides le 4 mars 2011

Patricio Salcedo, Joseph Déjacque : un précurseur anarchiste méconnu, publié sur le site Socialisme libertaire le 9 décembre 2015 et dans Le Monde libertaire en 2014

Gustave Lefrançais, Joseph Déjacque – Aux barricades de l’exil ou l’hommage à l’ouvrier Goujon, publié sur le site Espace contre ciment le 19 juillet 2010

Caroline Sordia, Compte-rendu publié sur le site de la revue en ligne Lectures le 31 décembre 2016

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Caroline 12/03/2017 15:23

Cher Luc,

Ce n'est pas parce qu'une notion est théorisée plus tard que la réalité qu'elle désigne n'existe pas (mais là-dessus, il me semble que nous sommes d'accord). Les luttes féministes s'inscrivent dans une longue histoire : certain·e·s font remonter les racines de la pensée féministe jusqu'à l'Antiquité, d'autres prennent appui sur Christine de Pizan, Olympe de Gouges ou Mary Wollstonecraft. Mais vous semblez, sauf votre respect, mal connaître la question (on ne peut pas être spécialiste de tout) : le féminisme n'a en effet "rien à voir", lui non plus, avec "la recherche d'avantages spécifiques" dont vous parlez. Déjacque semblait l'avoir, lui, bien compris, voyant dans l'émancipation des femmes une condition indispensable de l'émancipation de tou·te·s. Il reprochait à Proudhon son incohérence totale sur la question. Être "anarchiste jusqu'au bout" devrait logiquement conduire à défendre les luttes féministes (mais aussi anti-racistes, anti-âgistes, anti-spécistes) puisqu'elles concernent tout le monde. Des autrices comme Emma Goldman ou Voltairine de Cleyre en feront la brillante démonstration quelques décennies plus tard.

Quelques articles pour aller plus loin :

Sur le terme de féminisme : https://feministesetvous.wordpress.com/2014/09/29/plaidoyer-pourquoi-le-terme-feminisme-est-pertinent/.

Sur les rapports entre anarchisme et féminisme (qui évoquent parfois la critique faite par Déjacque à Proudhon) :
- Caroline Granier, "Peut-on être anarchiste sans être féministe ?" : https://www.monde-libertaire.fr/?page=archives&numarchive=11553
- Marta Iniguez de Heredia, "Histoire et actualité de l'anarcha-féminisme : les leçons de l'Espagne" : https://fr.theanarchistlibrary.org/library/marta-iniguez-de-heredia-histoire-et-actualite-de-l-anarcha-feminisme-les-lecons-de-l-espagne
- "Éléments sur l'anarcha-féminisme" : https://iresmo.jimdo.com/2014/04/20/elements-sur-l-anarcha-f%C3%A9minisme/
- Claude Rua, Marie-Jo Pothier, Hélène Hernandez & Elisabeth Claude, "L'anarcha-féminisme" : https://refractions.plusloin.org/spip.php?article510

Bien amicalement,
Caroline

luc 30/03/2017 14:04

Chère Caroline,

merci, de m'avoir proposé des... articles pour aller plus loin. Aussi pour ne pas être en reste et si vous désirez vous-même aller encore plus loin je vous recommande une brochure notée sur le catalogue de la BnF et qui est directement consacrée à la controverse Déjacque/Proudhon.

PS. je suis quelque peu surpris de l'argument "on ne peut pas être spécialiste de tout", ici utilisé par qui apparemment se revendique de... l'anarchisme : chacun en ce monde a un droit égal à la parole, et c'est sûrment très bien ainsi ; seul importe ce qui est vrai, ce qui est faux ; et que "dieu" nous garde des... spécialist€s !

* * * *

Auteur(s) : Nemeth, Luc
Voir les notices liées en tant qu'auteur

Titre(s) : Les mêmes droits [Texte imprimé] : face à la misogynie proudhonienne / Luc Nemeth
Publication : [Paris] : Luc Nemeth, DL 2016
Impression : 53-Mayenne : Jouve print services
Description matérielle : 1 vol. (61 p.) ; 18 cm


Numéros : ISBN 978-2-9537372-2-6 (br.) : 8 EUR
EAN 9782953737226

Notice n° : FRBNF44497052

Caroline 25/02/2017 16:43

Bonjour,

Je me permets d'attirer votre attention sur la recension de cet ouvrage que j'ai rédigée pour la revue Lectures : https://lectures.revues.org/22021. Elle me semble compléter la vôtre car nous n'y avons pas tout à fait vu / lu les mêmes choses... Merci en tout cas de cet article et des liens fournis.

Bien à vous,
Caroline

luc nemeth 03/03/2017 14:59

Bonjour Caroline,
merci d'avoir attiré notre attention sur votre recension dont je n'avais pas connaissance (j'ai moi-même publié l'an passé sous le titre Les mêmes droits une étude sur la controverse de 1857, Déjacque vs. Proudhon). Je l'ai lue avec intérêt mais je suis en désaccord... total là où vous affirmez : "Le féminisme chez Déjacque est une évidence logique".
Non seulement le mot -féminisme- n'existait pas, mais la chose n'existait pas.
Ces femmes, et ces hommes qui partageaient le même combat luttaient pour le vivre-ENSEMBLE. Ils luttaient contre l'oppression sous TOUTES ses formes -y compris bien sûr, celle qui concerne 51% du genre humain et qui est la discrimination hommes-femmes. Leur combat, pour autant que l'on puisse en juger, n'avait rien à voir avec la recherche d'avantage SPECIFIQUES.

Zones subversives 26/02/2017 19:42

Bonjour Caroline,
Merci de me signaler votre article. il est effectivement complémentaire au mien.

luc nemeth 10/12/2016 14:21

Une précision, concernant l'exil de Déjacque, qui ne fut pas la conséquence du coup d'Etat du 2 décembre 1851 : ce fut le 22 octobre 1851 soit plusieurs semaines... avant, qu'il fut condamné à deux ans de prison et à une lourde amende pour son recueil "Les Lazaréennes". Au-delà du cas personnel de Déjacque ce n'est pas inutile de le rappeler car le milieu qui a mis la main sur l'histoire de cette période a toujours été porteur d'un credo républicaniste très primaire qui l'incite à faire porter tous les pêchés au futur Napoléon III : en réalité, après l'effroyable massacre de Juin 1848 et tout ce qui suivit, il n'y avait déjà plus beaucoup de libertés publiques à confisquer au moment du coup d'Etat...

Zones subversives 11/12/2016 18:30

Merci pour cette précision.